Le blog de cgtup

http://www.marseille.com/wp-content/uploads/2010/05/prefecture-marseille1.jpgRencontre Préfet PACA – organisations syndicales du 30 juin 2010 [ndlr : de l'Equipement et de l'Environnement]

Où le secrétaire général de la préfecture considère que la vie des services et des personnels  c'est de la politique.

Sur convocation du préfet, les organisations syndicales ont participé à une réunion pour (libellé texto dans la convocation): « faire un premier bilan et aborder les différentes questions liées à la réforme et tout particulièrement celles relatives à l'immobilier. »

Après une demi-heure d'attente du préfet et le constat de son absence, la réunion a été présidée par le secrétaire général de la préfecture. D'emblée, la CGT est intervenue pour dénoncer le mépris du préfet vis-à-vis des représentants syndicaux. En préambule, le secrétaire général affirme que le bilan de la RGGP est globalement positif mais constate néanmoins des dysfonctionnements consécutifs à la RGPP qui ne seraient causés que par la dispersion des sites. Il précise l'objectif du regroupement de chacune des 3 DDI au 1er janvier 2011.

Bien évidemment la CGT a réagi, considérant que les dysfonctionnements sont beaucoup plus graves et profonds causés par une réforme incohérente imposée dans la rapidité et la violence, sans une véritable réflexion préalable sur les missions et les structures administratives et sans prise en compte de la dimension humaine et sociale. Cela engendre des difficultés importantes dans les services sur le long terme en ne trouvant pas de solutions immédiates sur les conditions de travail des agents et sur le fonctionnement des services (perte de repères du personnel, refus des entreprises de travailler avec l'Etat à cause des impayés, coupures d'électricité, dysfonctionnements importants dans la gestion des agents, etc.).

Ensuite, une discussion très houleuse s'est engagée sur l'immobilier (ventes-acquisitions) et les travaux envisagés notamment à la DDCS et à la DDPP.

Concernant l'immobilier, les infos retenues sont :

● ventes des bâtiments des Sites du Tholonet (ex-DIREN), de Fontainieu (centre de formation), de Bernard Dubois, de Bonneveine (ex-DDAF), du château de Marveyre (DRAAF), de Perrier (ex-DRE), bâtiment de la DDRJS à Château-Gombert, de terrains de l'ex-EPAREB et l'échange du bâtiment de la rue des Phocéens (ex-DRAM) avec le Conseil Général 13 afin de permettre l'acquisition d'un bâtiment neuf pour la DREAL et la DIRM à proximité du site St Charles (coût d'achat: 25 à 35 millions d'Euros).

● intégration de la DIRMED sur le site St Charles et maintien de la DDTM et d'une partie de la DREAL sur ce site,

● regroupement de la DDCS et de la DDPP sur un seul site rue Saint Sébastien à Marseille et travaux d'aménagement de ce site avec maintien du personnel en place. Sur ce sujet, la CGT a fait part de son opposition en dénonçant l'expérience des travaux sur le site St Charles où le personnel a subi des nuisances importantes pendant plusieurs années.

Compte tenu des termes de la convocation, la CGT a voulu débattre de la 1ère phase de la demandant un bilan exhaustif de la réforme avant d'entamer la 2ème phase de la RGPP annoncée par le premier ministre. Ce bilan doit porter notamment sur les missions, le fonctionnement des services, l'impact de la réforme sur les agents, les conditions de travail, etc., etc.

Le secrétaire général a refusé le débat considérant que ce débat est politique. La CGT a réagi vivement en donnant l'argumentation suivante : le débat politique actuel est que le président de la république et son gouvernement, sous la direction du MEDEF, ont engagé une véritable guerre sociale en voulant faire payer la crise aux salariés qui n'en sont pas responsables. Les fonctionnaires sont en première ligne (retraite et augmentation des cotisations, remise en cause du droit des femmes, baisse des salaires, RGPP, mépris des personnes, pressions dans les services, déstabilisation, perte de sens du travail, etc.). Quant aux salaires, il faut geler les profits, les cadeaux fiscaux et la fraude fiscale, pas les salaires ! C'est cela le débat politique !!! Et encore, il faudrait aborder les dérives du pouvoir en place sur l'utilisation des fonds publics à des fins personnelles et la politique des petits copains... Alors, le bilan de la RGPP et la vie dans les services, il faut en discuter !

La CGT a donc demandé un véritable débat ouvert sur le bilan de la RGPP et ses impacts comme il en était convenu. Le secrétaire général a clos la séance en précisant que l'on verra cela a une prochaine réunion en fin d'année ! Vive le dialogue social dans notre nouvelle planète où tout est bien dans le meilleur des mondes !

Cette réunion montre, par cette mascarade de dialogue social, la dérive et la déliquescence de l'Etat à tous les niveaux et l'incapacité de ses élites et de ses représentants locaux à prendre en compte l'intérêt général.

Pour autant, il faut noter la contradiction entre le discours langue de bois des préfets au niveau local et une prise en compte effective des réalités dans les services. En effet, dans une note interne du ministère de l’Intérieur (*), les préfets de département font part des difficultés rencontrées sur le terrain par les nouvelles directions départementales interministérielles. À leurs yeux, les états majors parisiens des ministères ne jouent pas le jeu et les écarts de rémunération freinent la mobilité des agents. Ils soulignent que les rigidités s’expriment aujourd’hui à tous les niveaux et ne “favorisent pas l’émergence de communautés de travail au sein des directions départementales”. Statuts, primes, action sociale… La gestion des ressources humaines demeure “ministérielle” et “cloisonnée”.

« Ministérielle et cloisonnée », voilà le seul souci des préfets !!! Leur objectif n'est-il pas avant tout de couper complètement les agents de leur ministère d'origine pour recentrer davantage leur pouvoir, plutôt que de rechercher une véritable cohérence à tous les niveaux des territoires et des services de l'Etat ???

* http://www.acteurspublics.com/article/28-06-10/reorganisation-ministerielle-le-cri-d-alarme-des-prefets

Jeu 15 jui 2010 Aucun commentaire