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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 22:50

http://img.over-blog.com/100x150/2/53/28/09/logo-UGFF.jpgUnion Générale des Fédérations de Fonctionnaires

IL FAUT AUGMENTER LES SALAIRES

DANS LA FONCTION PUBLIQUE

2010 constitue un rendez-vous crucial sur le front des salaires dans la Fonction publique.

Non pas, bien entendu, que les années antérieures ne soient pas des jalons importants, mais parce que celle qui débute concentre un maximum d’enjeux.

D’abord, ce sera l’occasion de négociations triennales pour les années 2011, 2012 et 2013. Tout en continuant à condamner ce principe de discussions pluriannuelles, la CGT entend bien s’emparer de l’occasion pour pousser à nouveau ses revendications.

LA VALEUR DU POINT

Pas davantage que ses prédécesseurs, Eric WOERTH n’est parvenu à convaincre une seule organisation syndicale que la valeur du point n’était qu’un élément quasi marginal de la politique salariale. Nous nous en félicitons.

Certes, le ralentissement de l’inflation sur le début de l’année 2009, permet aux augmentations de la valeur du point de 0,5 % au 1er juillet et 0,3 % au 1er octobre de ne pas aggraver un décrochage sévère. Mais, une inflation conjoncturellement modérée n’a rien à voir avec de véritables mesures de fond pour le pouvoir d’achat.

Rappelons :

. Que la valeur du point, élément constitutif de la grille indiciaire unique, est l’élément de base commun à tous les agents de la Fonction publique.

. Que celle-ci a chuté de près de 8 % par rapport à l’indice des prix à la consommation depuis le 1er janvier 2000.


« SMICARDICATION » à tous les étages

Conséquence directe de cette politique indigente sur la valeur du point : tous les traitements sont tirés vers le bas.

- Le salaire minimum de la Fonction publique n’est supérieur au SMIC, au 1er janvier 2010, que de 1,55 euro.

Et, à l’échelle 3, avec 7 ans d’ancienneté, on a gagné… 13,8 euros bruts, par rapport à ce minimum !

- Le recrutement en catégorie A ne s’effectue plus qu’à 19,6 % au dessus du SMIC. Du jamais vu…

La vérité est bien différente.

En effet, l’ensemble des dépenses de rémunération des agents des 3 versants de la Fonction publique – y compris avec les pensions – représentaient 13,3 % du Produit Intérieur Brut en 2000. En 2008, elles n’en représentent plus que 12,7 %. Cette baisse est équivalente à près de 10 milliards d’euros !

SARKOZY nous l’avait dit : il serait le Président de la feuille de paie. Et, pour la Fonction publique, le même de mettre en avant l’inacceptable échange suppressions d’emplois contre augmentation des salaires.

Et bien, on a vu !

D’après les chiffres officiels, le total des nouvelles mesures consacrées à la valeur du point, aux régimes indemnitaires et aux réformes statutaires avoisinait le milliard d’euros en 2008. En 2005, ce total était de 1,1 milliard et en 2006 de 1,4 milliard.

Comme échange perdant – perdant, on ne peut pas faire mieux !

QU’EST-CE QUI « COÛTE » ?

D’après le Ministre, les revendications soutenues, en particulier par la CGT, en matière d’augmentation des traitements sont hors de raison et insoutenables pour les finances publiques.

Un seul exemple, parmi tant d’autres, montre la duplicité de tels propos.

La loi « TEPA » de 2007 a aussi des conséquences directes et concrètes sur la Fonction publique.

Par exemple, en 2008, le dispositif d’exonération de cotisations salariales sur les heures supplémentaires a retiré un peu plus de 200 millions d’euros de ressources à la protection sociale.

Or, une augmentation de 4 % de la valeur du point, ce sont environ 530 millions d’euros supplémentaires de cotisations salariales pour la seule assurance maladie.

Comme on dit : il n’y a pas photo !

DE GRAVES DERIVES :


Non seulement, ce gouvernement paie moins les agents de la Fonction publique, mais il entend mettre à mal leur système de rémunération.

Faisant de la performance et de la productivité sa religion, érigeant les critères du secteur marchand au rang de valeur universelle, il cherche à imposer une logique rompant avec la grille indiciaire et la notion de carrière.

Et, pour arriver à ses fins, il met en place des régimes indemnitaires de plus en plus prépondérants et de plus en plus individualisés. Il souhaite introduire l’intéressement salarial partout, sur la base d’objectifs collectifs, dont les caractères avant tout quantifiables s’opposent à l’esprit même du service public.

Parfaitement aléatoires, ces systèmes de rémunération sont également source d’injustices criantes et de dérives graves sur les missions d’intérêt général.

De surcroît, ils viendront réduire la portion déjà congrue du salaire de base et des augmentations générales.


QUI FREINE LA MOBILITE ?

Le Ministre nous rebat les oreilles de son credo sur des fonctionnaires plus mobiles.

C’est sous cet argument qu’a été adoptée, la loi dite de mobilité, en plein été 2009.

En fait de mobilité, c’est la précarité accrue et l’antichambre de licenciements massifs que met en place cette loi.

En revanche, accroître massivement la part indemnitaire dans les rémunérations, c’est bien porter un coup sérieux à la mobilité.

En effet, pour ne prendre qu’un exemple, la moitié des collectivités territoriales n’ont pas de régime indemnitaire – au-delà des obligations légales – parce qu’elles n’en n’ont pas les moyens.

Elles ne les auront pas davantage demain, bien au contraire.

Il va donc se créer des fractures « irrésorbables » entre administrations « riches » et « pauvres », et, les postes vacants de ces dernières n’attireront plus grand monde.


NOS REVENDICATIONS :

Avec les personnels, la CGT continue d’exiger :

L’augmentation générale des traitements des agents de la Fonction publique par une forte majoration de la valeur du point.

Le retour à l’indexation des pensions sur les salaires.

Un minimum de traitement à 1.600 euros bruts mensuels.

Une reconstruction de la grille indiciaire, prenant mieux en compte les qualifications et permettant à tous de bénéficier, pour une carrière complète, d’une amplitude indiciaire de 1 à 2.

L’intégration des primes ayant un caractère de complément salarial dans le traitement de base.

De véritables améliorations du supplément familial de traitement, des remboursements transport, de l’aide au logement…

Par cgtup
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