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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 14:30

 C’est un généraliste, installé dans la banlieue lyonnaise. On l’appellera le docteur H. car il souhaite que son nom ne soit pas cité. « J’assume ce que je fais mais je préfère rester discret », explique-t-il. Ce médecin consacre la plus grande partie de son temps à soigner ses patients. Mais chaque jour, en début d’après-midi, il se livre à une activité parallèle un peu particulière : il se rend, pour le compte d’une société privée mandatée par l’employeur, au domicile de salariés en arrêt maladie pour vérifier si celui-ci est bien fondé.


Le docteur H. travaille depuis cinq ans pour Securex, une société créée en 1973, qui revendique une position de leader en France sur le marché de la contre-visite médicale. Un secteur en pleine expansion. « Au cours des dernières années, une trentaine de sociétés ont vu le jour sur ce créneau », indique Élisabeth Claret-Leblanc, responsable du service commercial de Securex. L’activité de ces entreprises est regardée avec intérêt par le gouvernement, qui souhaite intensifier la lutte contre les arrêts de travail « abusifs ». Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), présenté ce matin en conseil des ministres, les ministères de la santé et du budget prévoient d’obliger l’assurance-maladie à tenir compte de ces contrôles diligentés par les employeurs.


Il faut rappeler que lorsqu’un salarié est mis en arrêt de travail par son médecin, l’assurance-maladie lui verse, à partir du quatrième jour, des indemnités journalières, destinées à compenser la perte de son salaire à hauteur de 50 %. Ensuite, tout dépend de la convention collective du salarié. Si celle-ci est favorable, l’employeur est tenu de lui verser un complément de salaire. « Dans ce cas, l’employeur a un droit de regard sur l’arrêt de travail et il peut, en toute légalité, engager une démarche pour en vérifier la justification », indique Élisabeth Claret-Leblanc.


À la demande d’un employeur, les sociétés de contre-visite demandent à un généraliste d’aller à l’improviste au domicile de la personne arrêtée. Le plus souvent, ces visites ont lieu dans les créneaux (9 heures-11 heures, 14 heures-16 heures) où, sauf exceptions, le salarié est tenu d’être à son domicile. Premier cas de figure : le salarié est absent ou refuse de recevoir le médecin-contrôleur. « Dans ce cas, l’employeur a le droit de cesser immédiatement de verser le complément de salaire », explique Raphaël Wecker, directeur de la société Axmedica. Si le salarié accepte de recevoir le médecin, celui-ci va l’interroger sur sa pathologie, son traitement ou procéder à un examen clinique. « Si c’est une lombalgie, on examine la colonne vertébrale, on regarde les radios... », explique le docteur V qui exerce en banlieue parisienne et préfère, lui aussi, rester anonyme.


Mais est-il possible, avec une visite de 15 ou 20 minutes, de vérifier la validité d’un arrêt lié à un état de stress, d’épuisement psychologique ou même à une dépression ? « Ce ne sont pas les situations les plus problématiques. En parlant avec le patient, c’est assez facile de se rendre compte d’une détresse réelle », assure le docteur C.

 

« L’employeur a un droit de regard sur l’arrêt de travail et il peut engager une démarche pour en vérifier la justification. »


Par cgtup
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