Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 20:12

Un grand merci à Claudio pour la traduction et ses remarques suivantes : "

La différence avec la situation française, est que 
l'université italienne est déjà bien plus dégradée et 
que les EC contractuels sont une  réalité depuis un bon moment....
Il semblerait quen  Italie seulement 1 poste sur 4-5  
universitaires partant à la retraite  est remis au concours.
Cest pourquoi est posé dans l'appel la  demande de titularisation, via  
Le concours, de dizaines de milliers de précaires qui ont été exploités par  
les services de l'université pendant de nombreuses années ....
Grosso modo, voilà ce qui nous attend en France dans quelques  années ....


« Nous, les Enseignants-Chercheurs titulaires actifs dans les différentes Universités et Facultés, nous suivons avec une inquiétude croissante les événements de l'université italienne et les décisions prises à cet égard par le gouvernement au pouvoir »,   c’est ainsi que commence le texte d'un appel soutenu par un grand nombre d'enseignants-chercheurs  universitaires italiens qui a déjà recueilli en trois jours, plus d'une centaine de signatures. Parmi elles, celles des experts en droit constitutionnel, des économistes, des historiens, des généticiens, des philosophes, des politologues, des physiciens et des anthropologues. L'appel critique très fortement le décret de loi de réforme universitaire approuvé par le Conseil des Ministres le 28 Octobre, projet qui « centralise le pouvoir dans les  Présidents (des universités) et des conseils d’administrations NON élus, fortement exposés à des intérêts  privés » et qui « attaque des dizaines de milliers d’enseignants et chercheurs précaires. L’ouverture d’un site  http://www.perluniversitapubblica.it est imminente.


Appel:


 Nous, les Enseignants-Chercheurs titulaires actifs dans les différentes Universités et Facultés, nous suivons avec une inquiétude croissante les événements de l'université italienne et les décisions prises à cet égard par le gouvernement au pouvoir, aujourd'hui nous décidons de prendre la parole en public après la lecture du décret de loi de l’université approuvé par le Conseil des Ministres le 28 Octobre. ll s’agit d’un projet qui semble justifier les préoccupations les plus graves, surtout en ce qui concerne la gouvernance des universités (par la centralisation planifiée du pouvoir dans les Présidents et les Conseils d'Administration NON élus et fortement exposés aux intérêts privés) et en ce qui concerne la composante plus vulnérable de l'enseignement : des dizaines de milliers d’EC non titulaires, jeunes et moins jeunes, qui depuis de nombreuses années offrent leurs compétences gratuitement ou, dans le meilleur des cas en tant que contractuels ou boursiers, dans le cadre d’un rapport de travail précaire.


Les réformes que le gouvernement envisage sur la gouvernance des universités nous paraissent sans aucune ambition ni  volonté de prendre en compte réellement les problèmes des universités publiques et inspirées uniquement par une logique autoritaire de privatisation, visant à une évidente hiérarchisation du processus de la prise de décision au détriment de l'indépendance des universités. Nous pensons que l'université doit être réformée, mais il faut selon nous procéder en un sens complètement inverse, en gardant le caractère public de l'université et en élargissant la participation démocratique aux réformes de toutes les sections du système universitaire.


Ce qui est prévu pour le vaste ensemble des EC précaires nous semble tellement injuste et irrationnel et va jusqu’à  nuire à la fonctionnalité de nombreux départements et UFR.

Les coupures des financements des universités et la nouvelle réglementation pour l'accès à l'enseignement supérieur ouvrent la porte au licenciement massif  dans l’université d’EC dignes de mérite, estimés aussi sur la scène internationale qui depuis longtemps travaillent dans l’université italienne, déjà  parmi les dernières d’Europe pour ratios : EC/étudiants.

Au-delà de la rhétorique sur la valeur stratégique des connaissances et la recherche, le gouvernement – en empêchant de nouveaux recrutements, en préservant la vieille logique des mandarins et en empêchant l’introduction de tout contre-pouvoir envers les abus dans les universités – planifie un énorme gaspillage de ressources financières. Ces ressources sont actuellement utilisées  pour la formation de nombreux chercheurs auxquels l’accès au corps des EC de l’université sera interdit. Le gouvernement planifie une perte nette en termes de capacité, de compétence et d'expérience, qui risque de conduire à un écart irrécupérable entre l'Italie et les Pays les plus avancés.


Nous demandons au gouvernement de s’arrêter, mais nous nous adressons également au monde universitaire  pour qu’il fasse entendre sa voix et pour qu’il manifeste avec force ses raisons et préoccupations. Nous ne défendons pas le statu quo: nous invoquons une réforme sérieuse qui élargit les possibilités de participation, qui protège le caractère public de l’université et garantisse l'indépendance de l'enseignement et de la recherche universitaires. Nous n'ignorons pas la nécessité de vérifier la qualité de l'enseignement et des travaux scientifiques de chacun des enseignants, mais nous exigeons l'adoption de procédures d'évaluation rigoureuses, et pas des classements improvisés et fonctionnels pour des campagnes de presse plus ou moins dévalorisantes, mais des critères objectifs et appropriés aux spécificités des différentes disciplines et qui soient capables de déterminer aussi les mérites internationalement reconnus de la recherche italienne.

 


Nous ne souhaitons pas une méthode de recrutement par notre législation, mais nous demandons l'affectation des ressources nécessaires pour permettre l’accès statutaire après  concours, de ceux ayant acquis pendant des années de position contractuelle, les compétences et l’aptitude professionnelles. L'université publique ne peut être gouvernée d'une manière autoritaire ni dirigée par critères de comptabilité. Le travail de ceux qui en garantissent sa fonctionnalité doit être reconnu et protégé. Le savoir est une ressource du Pays et un droit fondamental que la Constitution reconnaît à chaque citoyen de la République.

 

Texte original
Par cgtup
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