Partager l'article ! IDEES FAUSSES ET VRAIS ENJEUX: Nous vivons plus longtemps, nous devons donc travailler plus longtemps C’est avoir une bien sin ...

CGT
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C’est avoir une bien singulière conception des progrès de civilisation. L’histoire
contemporaine montre que, abstraction faite de la mortalité précoce, la durée de vie hors travail n’a cessé de croître et la durée du travail de baisser.
Le travail des enfants a reculé pour faire place à la formation initiale et, les gains d’espérance de vie aidant, le temps consacré à la retraite n’a cessé de s’allonger sans pour autant remettre en cause la capacité de croissance.
L’activité sociale, bénéfique pour la société toute entière, ne s’arrête pas lorsque cesse le travail salarié.
Les retraités ne sont pas des parasites qui vivent aux crochets des actifs. Ils participent, eux aussi, au développement de l’activité de l’ensemble de la collectivité et à la croissance.
Il est exact que le nombre de retraités augmente. Faut-il le déplorer ? Bien sûr que non. Au contraire il faut s’en
réjouir.
En 1950, la France comptait 6,7 millions de personnes de plus de 60 ans et 12 millions en 2000. Elles sont
aujourd’hui 14,7 millions selon les derniers chiffres de l’Insee. Cela nécessite-t-il de consacrer davantage d’argent à la retraite ? Evidemment !
En 1959, l’ensemble des dépenses de retraites représentait 5,4 points de PIB et 13,2 en 2007…
Mais les gains de productivité ont permis de doubler en 30 ans la part de PIB consacrée à la retraite sans mettre l’économie par terre.
Si nous sommes en période de crise, c’est parce que les dividendes sont préférés à la protection sociale du fait de la financiarisation à outrance de l’économie.
Le patronat et les forces politiques qui le soutiennent ont toujours eu une aversion profonde pour la
protection sociale.
Dès son origine, ils ont considéré qu’elle constituerait un handicap insurmontable pour l’économie.
L’histoire leur a pourtant donné tort. Loin d’être un frein pour l’économie, une protection sociale de haut
niveau constitue un moteur pour la croissance. D’ailleurs, dans la crise que nous traversons, tout le monde s’accorde à reconnaître que ce sont les pays où la protection sociale est la plus
développée qui ont le mieux résisté. Quant à comparer les taux de cotisations français et européens, cela n’a pas grand sens. La France a fait le choix d’un financement socialisé assis
principalement sur le travail quand nombre de nos voisins européens ont, eux, privilégié l’impôt.
La comparaison en points de Produit Intérieur Brut (PIB) apparaît donc plus juste. La part de PIB consacrée à la retraite est, par exemple, sensiblement la même en France (12,5 % en 2003) et
en Allemagne (12,4 % en 2004).
Actuellement, l’âge légal de départ à la retraite, est fixé à 60 ans. Néanmoins, afin de
compenser les années de chomâge, d'invalidité voire de RMI, beaucoup de personnes âgées sont obligés financièrement de prendre leur retraite à taux plein au delà leur 60 ans.
Si le gouvernement reporte l’âge légal à 61 ans, nous sommes sûrs et certains que les seniors liquideraient leur retraite au-dessus de 62 ans.
Cela justifierait-il pour autant de reporter l’âge légal à 62 ans ?
En 2010, seulement 1 salarié sur 3 est encore en activité à l’âge de 60 ans.
Si l'âge légal de la retraite était repoussé à 61 ans, cela signifierait concretement que 2 salariés sur trois, resteraient maintenus en situation de chômage, ou d’invalidité, longue maladie ou encore au RMI
Cette mesure n'entrainerait donc aucune recette supplémentaire pour les retraites, pire, elle alourdirait les dépenses sociales inhérentes aux situations de précarité .