Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 09:30

Qu’il s’agisse du « plafond de verre » leur interdisant l’accès aux responsabilités dans les entreprises, ou bien des disparités salariales ou encore de l’inégalité flagrante vis-à-vis de la précarité, la situation faite aux femmes dans le travail reste un serpent de mer du dialogue social.

Pourtant, en matière d’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes, ce n’est pas de textes de loi, d’accords collectifs que nous manquons, mais de volonté réelle de les faire appliquer.

Dans notre pays de 1983 à 2006, il y a eu pas moins de quatre lois, un accord (signé notamment par la CGT), une charte de l’égalité et un label égalité ! Dans l’Union européenne, la question est abordée dans deux traités, cinq directives, une recommandation et dans la Charte sociale révisée. Sur le plan international, la convention n° 111 de l’Organisation Internationale du Travail prévoit depuis 1950 : égalité de salaire pour un travail de « valeur égale ».


Cette fois, le gouvernement dit vouloir se saisir de cette question. Mais à l’occasion de la réunion de la Commission Nationale de la Négociation Collective du vendredi 6 novembre 2009, le ministre du Travail a remis aux partenaires sociaux une note d’orientation dans laquelle il reporte une nouvelle fois les sanctions financières à l’égard des entreprises. Ce n’est pas faute cependant de bien connaître le paysage des inégalités tel que les écarts de rémunérations (27% en défaveur des femmes), les moindres déroulements de carrière, la précarité qui s’accroît sans limite dans les secteurs féminisées.

 Pour la CGT, « la négociation collective est en panne, tant dans les branches que dans les entreprises : 43 % des branches n’ont pas entériné de négociations en 2008 et 5%seulement des accords abordent le thème de l’égalité, une entreprise sur deux de plus de 300 salariés ne produit pas de rapport de situation comparée. » Suffisamment de lois et de textes permettraient aujourd’hui de transformer cette situation. « L’heure n’est plus à débuter un nouveau processus de négociation mais à appliquer et faire appliquer les lois et les accords collectifs avec rigueur pour progresser correctement », soutient la CGT qui réclame la mise en oeuvre sans délai, de l’engagement pris en 2007 par le ministre du Travail, d’appliquer dès 2010 des sanctions financières à toutes les entreprises qui n’auraient pas eu de négociations « égalité » en 2009.

C’est l’ensemble de la politique gouvernementale qui doit être mise à plat car elle est source d’inégalités et en particulier entre les femmes et les hommes au travail. La logique du « travailler plus pour gagner plus », le travail du dimanche, l’individualisation des rémunérations, l’affaiblissement des droits collectifs, la réforme des MDA sont autant de mesures qui aggravent les inégalités au lieu de les résorber.

 Le gouvernement doit aussi balayer devant sa propre porte et cesser de donner quitus aux employeurs sur leurs politiques sociales.

 

ndlr : Contrairement aux idées reçues, les disparités existent aussi dans la Fonction Publique.
Si nous avions le bilan social de l'Université, nous aurions pu peaufiner cette question sur notre établissement.

Par cgtup
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