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Un rapport sur le décrochage à l'université doit être remis mardi par un sénateur UMP à la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, pour trouver des solutions au fort taux d'échec des étudiants avant la licence.
La mission du sénateur de Seine-Saint-Denis Christian Demuynck, qui lui avait été confiée en novembre, devait s'intéresser aux "raisons du décrochage" et aux réponses à y apporter pour une application dès la rentrée universitaire 2011.
Son rapport, d'abord prévu en avril, doit faire des propositions "qui mettent en oeuvre des politiques adaptées, en particulier dans le domaine de l?orientation", selon le sénateur. M. Demuynck devait également dresser un bilan des dispositifs de réorientation en place à l'université.
Au même moment, un rapport de l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la recherche (IGAENR) vient de faire un premier bilan mitigé de l'application du plan "Réussir en licence" lancé par Mme Pécresse, sur 11 des 83 universités en France.
Mis en place à la rentrée 2008, et doté de 730 millions d'euros, "Réussir en licence" vise à "réduire de moitié en cinq ans le taux d'échec en première année universitaire (50%), de faire de la licence un diplôme permettant une insertion professionnelle ou la poursuite d'études et d'atteindre en 2010 l'objectif de 50% d'une classe d'âge diplômée de l'enseignement supérieur".
Pour y parvenir, le programme prévoit une meilleure orientation, du tutorat, des formations pluridisciplinaires ou un encadrement renforcé, avec plus d'heures d'enseignement et de plus petits groupes.
Une étude du ministère de l'Enseignement supérieur révélait fin mai que seulement 52% des bacheliers de 2008 inscrits en licence sont passés en deuxième année. Un fort taux d'échec touchant surtout les étudiants qui avaient un bac professionnel ou technologique.
Près d'un nouvel étudiant en première année de licence (L1) sur quatre (23%) redouble, le plus souvent dans la même spécialité, s'inquiète cette étude. Un autre quart ne se réinscrit pas en licence l'année suivante: 19% se réorientent et 6% arrêtent leurs études.
Pire, 20% des bacheliers sont sortis de l'enseignement supérieur en 2004 sans diplôme, s'alarmait il y a deux ans le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq, dépendant des ministères de l'Education et du Travail).
L'échec à la fac résulte souvent d'une mauvaise orientation, d'une adaptation difficile à de nouvelles méthodes de travail, d'un petit boulot qui perturbe les études, de problèmes personnels (famille, santé...) et du milieu socioéconomique, les jeunes de milieux défavorisés étant beaucoup plus nombreux à décrocher.
Stéphane Tassel, secrétaire général du Snesup-FSU, premier syndicat de l'enseignement supérieur, dénonce le "manque de moyens" des universités, notamment les "conditions d'encadrement puisqu'il y a cinq enseignants pour une centaine d'étudiants", plaçant la France dans le peloton de queue des pays de l'OCDE. En cycle licence, "on finance deux fois moins qu'en classe préparatoire des grandes écoles", déplore-t-il, réclamant "un plan pluriannuel d'emplois publics".
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