Partager l'article ! Doctorants et CDD: Messieurs les Présidents, chères et chers collègues Nous venons vous alerter sur une nouvelle le ...

CGT
Université de Provence
case 93
3 place Victor Hugo
13331 Marseille
cedex 3
tel : 04.91.10.60.34
cgt@univ-provence.fr
permanence
mardi de
8h30à 12h30
Messieurs les Présidents, chères et chers collègues
Nous venons vous alerter sur une nouvelle lecture des textes concernant la précarité dans la fonction publique qui met en grave danger la recherche dans les Sciences de la Vie en France.
Dans un établissement public, une personne ne peut totaliser plus de 5 ans et 11 mois de CDD. La durée moyenne d’une thèse en Sciences de la Vie (SDV) est de 4 ans. L’âge moyen de l’obtention d’une thèse est 28-30 ans. L’âge moyen du recrutement des jeunes scientifiques en SDV est 32-35 ans. Ceci implique donc des périodes de post-doctorat (CDD) variant entre 3 et 5 ans, qui peuvent se dérouler aussi bien en France qu’à l’étranger.
La nouvelle interprétation des textes juridiques inclus désormais les contrats de thèses comme des CDD de plein droit. Nous soulignons expressément qu’il s’agit d’une mesure rétroactive qui inclut les thèses financées dans le cadre de contrats d’allocation de recherche qui se sont terminés en 2009, pour laisser la place aux contrats doctoraux actuels. La nouvelle lecture des 6 ans ne laisse donc aux thésards français qu’un « billet valable pour 1 an et 11 mois » de stage post-doctoral en France.
Ce mode de calcul place la communauté des biologistes français devant de graves difficultés pour les raisons énoncées ci-dessous.
Pour les étudiants :
Cette nouvelle lecture est intervenue sans préavis ni préalable. C’est donc toute une génération de jeunes chercheurs qui, depuis 2 ans en stage post-doctoral, se voit purement et simplement signifié une mise à la porte des EPST. C’est inhumain, contre-productif et catastrophique pour l’image et l’attractivité des métiers de la recherche auprès des étudiants. Dans le pire des cas, une mise en application progressive serait nécessaire afin de ne pas pénaliser les étudiants effectuant actuellement leurs stages post-doctoraux.
La mise en place brutale et sans préavis est ressentie par les jeunes doctorants et post-doctorant qui s’engageaient dans une carrière de chercheur, comme une marque de mépris des tutelles pour leur destin professionnel.
Pour les laboratoires :
C’est une décision rétrograde, en parfaite contradiction avec la récente mise en place d’un système de contrats post-doctoraux en France, avancée obtenue après que la communauté des biologistes l’ait réclamée en vain pendant près de 20 ans.
C’est une décision incohérente avec la mise en place de l’ANR qui permettait le financement de tels stages post-doctoraux et celle de programmes «aides au retour en France ».
C’est une décision contradictoire avec les initiatives destinées à promouvoir l’émergence de jeunes talents, hors statuts fonction publique, comme les « groupes à 5 ans » qui devaient permettre l’existence de structures de recherche performantes autour de jeunes scientifiques motivés par les sirènes de « l’excellence ».. A titre d’exemple, qu’adviendrait-il d’un(e) lauréat(e) ATIP sans poste fixe – un contrat de 3 ans - qui aurait fait une thèse de 4 ans en France ?
C’est une erreur stratégique, la compétitivité des laboratoires étant essentiellement adossée à la créativité et la productivité des jeunes chercheurs post-doctorants. Limiter la durée de travail des jeunes chercheurs français à 2 ans est tout simplement catastrophique pour les laboratoires français.
Nous sommes convaincus qu’il ne s’agit là que d’une application brutale et malheureuse d’un texte ignorant les spécificités de notre métier et de notre discipline.
Nous sommes convaincus que des mesures dérogatoires sont possibles pour permettre la mise en place d’un système de post-doc, qui satisfasse à la fois la juridiction justifiée de la lutte contre la précarité dans la fonction publique, et l’intérêt des acteurs de la recherche, laboratoires et étudiants.
Nous vous serions particulièrement obligés de nous faire part de vos dispositions par rapport à cette nouvelle situation.
Veuillez accepter nos salutations les plus respectueuses,
Frédéric Barras Prof. Univ Aix Marseille II DU UPR 9043
Robert Fuchs DR-CNRS DU UPR 3081
Vincent Géli DR-CNRS DU Adj. UPR 3081
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||