« Il est indécent de la part des universités de se plaindre… Il est indécent d’entendre une pareille critique dans un moment qui est grave. » (Valérie Pécresse à propos du budget 2011 de l’enseignement supérieur et de la recherche, « Public Sénat », 26 janvier 2011).
Pourquoi donc ce brusque accès de pudeur, alors que l’autonomie des universités serait la grande œuvre du quinquennat ? Après que le ministère a pu, pendant plusieurs années, présenter avec constance, comme autant de « preuves d’amour » sans doute, des documents budgétaires pourtant parfois qualifiés d’« insincères » (et aussi) et prétendre faire pleuvoir les milliards sur l’université, la réalité rattrape aujourd’hui la communication. Les inquiétudes que de nombreux acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche exprimaient à mots couverts – ou sans être entendus – commencent à trouver un certain écho dans le débat public. Trois prises de position récentes en particulier ont fait porter l’attention sur la politique budgétaire de l’enseignement supérieur et de la recherche.
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De fait, les annonces budgétaires ministérielles sont mensongères (1) et les personnels constituent la variable d’ajustement du garrot budgétaire mis en place par le gouvernement (2). Par ailleurs, loin d’être la manne que le ministère annonce, le Grand emprunt s’avère un outil d’accélération de la recomposition autoritaire du paysage de l’enseignement supérieur (3), alors que les coûts cachés de la politique actuelle sont multiples, font intervenir dans des proportions inédites des opérateurs privés et renforcent le glissement vers une gestion de l’enseignement supérieur et de la recherche selon des règles propres au secteur privé (4).
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À propos d'indécence

