Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 21:08

Le choix dogmatique répété d’année en année de non revalorisation indiciaire devient le terreau d’une politique qui encourage la plus grande inégalité à l’intérieur même d’une classification professionnelle. Elle crée des situations de concurrences. Elle fait du salaire un élément essentiel de pression sur le salarié. Elle individualise une discussion qui doit avant tout être une négociation collective. Elle contribue à la dégradation des relations de travail dans les équipes et dans les établissements. Elle minimise et discrédite le rôle et le poids des organisations syndicales dans la négociation annuelle obligatoire

Revalorisation du pouvoir d’achat !

Dans la Fonction Publique c’est en juin 2008 que s’est ouvert un cycle de négociations triennales salariales. On en connaît les limites puisque, malgré une inflation à 3,2 % le gouvernement a fait l'impasse sur une augmentation de la valeur du point d'indice pour 2008, au-delà des 0,8% annoncés et qu’il a reconduit cette politique en 2009, tout en annonçant un 0,5 % pour 2010, aggravant la perte du pouvoir d'achat pour l'ensemble des personnels. Et ce n’est pas la garantie individuelle de pouvoir d'achat (GIPA), dispositif de compensations financières pour quelques uns, qui peut être la réponse adéquate. De même, si le ministère de la Fonction Publique s’est engagé à reconstruire les grilles indiciaires, en commençant par les catégories A et B, les mesures d'individualisation de la rémunération, notamment au travers de la politique indemnitaire, y compris avec une « prime d'intéressement collectif » qui les accompagneront qui affaibliront les garanties collectives contenues dans la grille indiciaire ne sauront satisfaire les agents.

Cette même politique, renforcée par la situation de crise économique et sociale, est mise en oeuvre dans le secteur privé. Ainsi, la direction de l’AFPA par exemple a évoqué un risque économique pour justifier son refus de prendre en compte la revalorisation de 2,5 % du point indiciaire qui n’a pas bougé depuis 10 ans, réclamée par les organisations syndicales. Au cours de la négociation, le représentant de la direction a même osé avancer qu’une augmentation de 2,5 % coûterait 70 millions d’euros et « ruinerait l’AFPA » alors que le contrat de progrès 2004-2008 s’est soldé par une augmentation de la productivité qui a rapidement dépassé les objectifs fixés au départ !

Priorité au régime indemnitaire dans tous les secteurs :

Le gouvernement a entrepris de placer la promotion du mérite et des résultats au coeur des objectifs prioritaires de sa politique salariale. Remplaçant l'empilement des régimes existants, la nouvelle « prime de fonctions et de résultats » (P.F.R) instituée au dernier trimestre 2008 pour les personnels de la filière administrative, sera étendue aux autres personnels de catégories A et B.

Ce nouveau système institue des primes individualisées, en deux parties, en fonction du poste occupé et en fonction des « résultats individuels ». Les montants affichés sont supérieurs à l'ancien système. Mais, les affichages pourront être loin de la réalité et ce système va introduire dans la Fonction Publique une logique de travail au rendement avec, la plupart du temps, des critères antagoniques aux missions du service public. Il va par ailleurs amplifier considérablement la part variable du salaire à l'instar de ce qui existe déjà dans le secteur privé et risque d'accentuer la mise en concurrence des salariés au sein des collectifs de travail.

C’est effectivement à ces contraintes que sont soumis les salariés de l’AFPA par exemple.

Ainsi la direction accorde 25 ou 30 € brut d’augmentation de la PRU (Partie de salaire Répartie Uniformément entre tous les salariés) et beaucoup moins pour les salarié(e)s à temps partiel, c’est-à-dire pour celles et ceux qui ont le plus besoin d’un sérieux coup de pouce sur leur salaire.

L’an dernier, la direction a accordé 45 € d’augmentation de la PRU sans aucune signature syndicale. Cette année elle fait dépendre une augmentation de 25 ou de 30 € d’une telle signature. A ce tarif là, que se passera-t-il en 2010 ?

En recourant à la seule augmentation de la PRU pour les augmentations générales, la direction prétend corriger ou atténuer les inégalités : la même augmentation est appliquée à tous. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé ces dernières années. Le salaire dépend de moins en moins de la qualification de chacun et de plus en plus du bon vouloir arbitraire de celui qui décide.

Les seules et rares augmentations de la PRU ont servi de cache-sexe à une politique débridée, illisible et incontrôlable de mesures individuelles dont le niveau peut être dérisoire pour les uns et absolument mirobolant pour les autres. 25 ou 30 € d’augmentation de la PRU pour tous et 30 000 € de primes pour certains, qui plus est dans le plus grand secret !

Des revendications fortes pour des conquêtes :

A l’instar des NAO dans le privé, la question des traitements dans la fonction publique doit faire l'objet de négociations annuelles. Le maintien du pouvoir d’achat du point indiciaire doit être garanti, les pertes enregistrées depuis 2000 compensées. La refonte des grilles indiciaires doit être engagée sans délais avec un salaire minimum à 1.600 euros, un doublement du traitement entre le début et la fin de carrière, une amplitude de la grille allant de 1 à 5,5 avec intégration des régimes indemnitaires dans le traitement.

Dans tous les cas, public et privé, nous exigeons une revalorisation du point indiciaire parce que nous défendons le principe d’une reconnaissance salariale de la qualification de chaque salarié : de sa technicité, de ses compétences, de l’enrichissement de celles-ci par la formation et par l’expérience. La grille des salaires et sa correspondance avec celle des classifications constituent des repères indispensables pour que la qualification de chacun puisse être effectivement reconnue.

Défendre une véritable grille des classifications, défendre la reconnaissance salariale des qualifications et défendre une augmentation du point d’indice, de salaire, c’est fixer des points d’appui pour rendre possibles des évolutions de carrière, c’est aussi garantir l’embauche.

Par cgtup
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