Mercredi 2 septembre 2009
3
02
/09
/2009
17:16
Valérie Pécresse signe deux contrats de PPP avec Paris-IV et Paris-VII,
pour 226 millions d'euros
Valérie Pécresse et Georges Molinié, 24 juillet 2009
© Philippe Devernay
« Mon ministère se place dans une position de bâtisseur », déclare Valérie Pécresse, ministre de
l'Enseignement supérieur et de la Recherche, vendredi 24 juillet 2009. La ministre s'exprimait à l'occasion de la signature de deux contrats de PPP (partenariat public-privé) avec Georges
Molinié, président de l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV), et Vincent Berger, président de Paris-Diderot (Paris-VII), en vue de la rénovation de bâtiments et de nouvelles constructions sur les
sites des deux universités. L'Etat s'engage, dans ces deux opérations, pour un investissement global de 226 millions d'euros (68 millions pour le projet de Paris-IV et 158 millions pour
Paris-VII).
Le contrat de Paris-IV est signé avec Bouygues Construction et les loyers seront intégralement financés par le budget
du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, pour une durée de 28 ans. L'objectif est de restructurer le site Clignancourt, rue Francis-de-Croisset dans le 18ème arrondissement,
afin « de porter au meilleur standard de qualité les conditions d'enseignement », précise le ministère. L'opération sera achevée à la rentrée universitaire 2013. « Le programme
fonctionnel comprend la démolition des bâtiments existants et la construction du nouveau bâtiment de 21 000 m² », explique Valérie Pécresse. « Huit amphithéâtres dont un de 500
places, une bibliothèque de 4 500 m², un ensemble sportif de 1 500 m², un important pôle de musicologie et une cafétéria composent les parties significatives du programme ». La
ministre souhaite que la bibliothèque et le centre sportifs soient « ouverts sur la ville » et puissent profiter aux habitants du quartier. La ministre et le président de l'université
précisent que les étudiants resteront sur le site durant tous les travaux, une partie étant hébergée dans les locaux du lycée Championnet. « Cet aspect rend le chantier délicat », selon
George Molinié.
« OPÉRATION DE MAGIE »
« Ce projet est une arlésienne, qui enfin ne l'est plus grâce à une opération de magie [de la ministre] qui
ressuscite un mort », se réjouit le président de Paris-IV lors de la signature. Il insiste sur le travail en amont effectué, assurant que « les perturbations du dernier semestre n'ont
pas empêché [les parties prenantes] d'être efficaces ». En marge de la signature, Georges Molinié rappelle que le projet de rénovation aurait dû se mettre en oeuvre depuis « sept ou
huit ans » et qu'il était inscrit dans le CPER » (AEF n°75407). Il attribue ce
« naufrage » au fait que « l'Etat n'a pas honoré ses engagements ». Refusant toutefois « de revenir sur les querelles du passé », il assure ne pas vouloir
« cracher dans la soupe ». S'agissant du modèle de PPP, il évoque le coût élevé d'une telle solution tout en admettant qu' « on ne pouvait pas faire
autrement ».
S'agissant de Paris-VII, le contrat de partenariat, signé avec le groupe Vinci-GTM, est d'une durée de 30 ans. Il vise
à « parfaire l'implantation de l'université Paris-VII dans la Zac Tolbiac, en consacrant sa sortie du site de Jussieu », explique le ministère. Ce contrat permettra le financement, la
conception, la construction et la grande maintenance, sur la Zac Paris rive-gauche et de quatre nouveaux bâtiments universitaires. Les loyers seront intégralement financés par le budget du MESR.
Ce projet est d'une surface globale de 44 550 m2 : 550 m² pour le service culture, des locaux syndicaux et associatifs ; 4 300 m² avenue de France pour les UFR sciences de la
vie et de la terre, et l'administration ; 19 000m² pour les UFR de mathématiques et d'informatique et les locaux sportifs ; 20 700 m² sur le boulevard Massena pour les pôles
langues et sciences humaines. Les travaux devraient prendre fin à la rentrée 2012.
Pour Vincent Berger, cette signature « est un événement qui fera date ». Il insiste sur « la dimension
pluridisciplinaire » de son université, qui se trouvera confortée une fois les travaux finis. En effet, à terme, les UFR de lettres, de sciences humaines et de sciences cohabiteront,
permettant « une véritable synergie ».
LE PPP : « LA MEILLEURE SOLUTION »
« Ces deux projets sont les premiers à bénéficier des prêts de fonds d'épargne de la
CDC », se réjouit Valérie Pécresse, insistant également sur la « collaboration positive » avec la mairie de Paris, qui devrait se poursuivre à l'automne dans le
cadre du campus Condorcet. S'agissant du choix du PPP plutôt que celui de la maîtrise d'ouvrage ordinaire, elle assure être persuadée que « c'est la meilleure solution ». « Je sais
que certains ont des doutes, notamment certains présidents de région (AEF n°113849). Les PPP ont des
avantages : ce sont des contrats globaux qui prennent en compte l'investissement mais aussi la maintenance et l'entretien. »
Selon Valérie Pécresse, le PPP est en outre « une action responsable qui offre la garantie que l'argent réservé à
la maintenance sera bien utilisé ». Même s'il représente un « surcoût », « le partenaire privé se finançant plus cher que le public », elle affirme qu'à terme « on
peut économiser jusqu'à 10 % du coût total du projet, notamment en terme de maintenance et d'entretien ». Ainsi, le constructeur aura tout intérêt à choisir des matériaux sûrs et à
concevoir les bâtiments de façon à ce qu'ils soient pérennes, étant responsable de l'entretien pour plusieurs années après la construction.
DÉLAIS DE RÉALISATION PLUS COURTS
Valérie Pécresse met également en avant les délais de réalisation plus courts d'un PPP. Elle rappelle par ailleurs
qu'un tel contrat ne « signifie pas la mainmise du privé sur le patrimoine universitaire » et que l'État « garde la propriété du terrain et des bâtiments ». « A la fin,
le partenaire privé quitte le projet sans contrepartie », ajoute la ministre, soulignant qu'à terme « l'objectif est que les universités comme Paris-IV ou Paris-VII deviennent
propriétaires de leurs bâtiments ». Enfin, le PPP est « cohérent avec le Grenelle de l'environnement, car il rend responsable la même personne de la conception, de la construction et de
l'entretien sur le long terme ».
Valérie Pécresse précise que deux autres partenariats public-privé de ce type sont en cours pour accélérer deux
projets : la rénovation de l'UFR de médecine de l'université de Versailles-Saint-Quentin, et celle du Zoo de Vincennes (AEF n°117521), pour laquelle la ministre annonce le déblocage de 30 millions d'euros en subvention initiale
ndlr : Il faut faire des économie sur la maintenance et l’entretien : Adieu Catégorie C (et bientôt B ?) malgré un surcoût de 10% ?
La fac déjà gardée par des vigiles, bientôt vos corbeilles à papier seront vidées par des gars bien exploités de chez Bouygues.
PPP ? Késako ? voir nos articles
http://cgt-universite-de-provence.over-blog.fr/article-31070249.html
http://cgt-universite-de-provence.over-blog.fr/article-31110679.html
http://cgt-universite-de-provence.over-blog.fr/article-31351596.html