Lundi 18 mai 2009
1
18
/05
/Mai
/2009
23:33
13 mai - 21 h 30 - courriel envoyé à la coordination régionale des Universités d'Aix-Marseille
J'étais au Cours Julien pour la journée nationale d'action des jeunes majeurs sans papiers,
quand une copine de RESF m'a dit qu'elle avait entendu aux info que les forces de l'ordre allaient
entrer dans St Charles.
J'ai hésité un peu et j'ai pris le métro.
Déjà dans la rue étaient alignés voitures et cars, premier choc.
Deuxième choc lorsque j'ai vu les flics harnachés pour le combat devant le bâtiment administratif.
La colère, l'indignation et la tristesse, une immense tristesse où je n'ai pu cacher mes larmes
(c'est Bruno qui m'a consolée). Je fais partie de cette génération, où avec d'autres, nous nous sommes tellement investis pour cette université, tellement battus pour elle. "L'université rouge"
tant honnie, haïe par les autres, l'université où le Président Borel venait discuter avec les syndicats dans leurs locaux, cette université que l'on a voulu déjà casser en lui enlevant une
grande partie de St Jérôme (un mois d'occupation jour et nuit pour notre dignité), cette université d'une richesse incroyable où il est vrai les débats bouillonnaient. Et St Charles qui est un lieu
magique de travail, tout le monde se connaît, tout le monde se côtoie, se croise, se parle, un lieu vivant et non impersonnel, un lieu convivial, St Charles c'est le petit village avec sa place. Et
là aujourd'hui sa place s'était assombrie et je pense, que pour notre dignité aussi, nous ne pouvons rester sans réagir.
Comment peut-on accepter que les forces de "l'ordre" envahissent des lieux de savoir où l'une des missions est de développer l'esprit critique ?
Et comment les personnels, toutes catégories confondues, n'ont pas réagi lorsque pour entrer dans ce bâtiment, depuis deux ans, il faut sonner et passer devant des vigiles ?
Enfin, je tiens à souligner l'attitude des étudiants très digne aussi bien à leur sortie du bâtiment administratif que devant l'amphi Fabry où ils ont installé des chaises pour que chacun puisse s'asseoir face au cordon de la police nationale et
qu'ils ont eu tout à fait raison de ne pas engager la discussion avec les VP en présence de ces personnes là.
Désolée d'avoir été aussi longue mais j'avais besoin de dire cela et j'ai toujours la gorge nouée.
Isabelle
Merci à M.C. pour
les photos
Par cgtup
0