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CGT
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Plan d’urgence pour l’emploi des jeunes
Depuis 32 ans, les jeunes sont les grands oubliés des politiques sociales et de l’emploi. De nombreux « plans jeunes » se sont succédés pendant toutes ces années et se sont soldés à chaque fois par l’échec : Contrat de qualification, stages, contrat emploi solidarité, contrat emploi jeunes, Smic jeunes, CPE, CAE, CIE…
La France est le pays en Europe qui maltraite le plus sa jeunesse. Le taux de chômage des jeunes est un des plus élevé en Europe. A l’exception de la Hongrie, le taux d’emploi des jeunes en France est le plus mauvais des pays de l’OCDE. Il faut attendre en moyenne l’âge de 30 ans pour décrocher son premier CDI.
Les jeunes sont ainsi les premiers à faire les frais de la crise et à payer les conséquences des politiques qui ont privilégié les multiples aides financières aux entreprises, au capital au détriment de la formation qualifiante, de l’insertion sociale et professionnelle, de l’embauche des jeunes, de l’emploi qualifié reconnu dans son travail.
Utilisés trop souvent comme une variable d’ajustement des entreprises, ils sont les premières victimes de la précarité, du chômage, de la mobilité imposée, des petits boulots, des stages parkings, du travail dissimulé, des contrats aidés sans perspective d’avenir. 45 % des personnes en situation de précarité ont moins de 25 ans !
Dans ce contexte, le Plan Emploi Jeunes représente un espoir important pour les 16-25 ans. Les jeunes ne veulent plus être de génération en génération sacrifiés. La Nation doit assurer leur avenir, leur autonomie par le travail. Ils ont besoin de confiance, de respect, ils veulent pouvoir vivre et travailler décemment.
Les annonces du Président de la République ne constituent pas un virage à 180° de la politique gouvernementale. Il reprend les dispositifs existants qui n’ont, jusqu’à ce jour, en rien contribué l’insertion par le travail des jeunes, à un emploi de qualité bien rémunéré. Il propose de subventionner une nouvelle fois le capital, les entreprises sans contrepartie en terme d’embauche.
Aider les jeunes ne peut pas se résumer à aider les patrons, les entreprises. Est-ce la création de primes « dorées » à la précarité pour les entreprises ?
Pour réussir, sortir d’une logique de précarisation du travail, de l’emploi, de la vie, du traitement social du chômage ce plan Jeune doit conditionner les aides supplémentaires aux entreprises à la pérennisation des contrats en alternance, des contrats aidés, à la transformation des stages en contrat de travail à durée indéterminée.
La responsabilité des pouvoirs publics et des entreprises est engagée pour la sécurisation des parcours de vie des jeunes, des salariés. La CGT sera attentive à la mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures.
Elle invite les jeunes pour se faire entendre, à se mobiliser et manifester le 1er Mai partout en France.
Communiqué de la Cgt
Montreuil, le 24 avril 2009
Ci-dessous les propositions de la Cgt
- Tout contrat d’alternance doit faire l’objet d’un parcours personnalisé incluant un accompagnement social et professionnel
- Une politique publique en faveur des jeunes fondée sur une sécurisation des projets, des parcours de vie
- Pour les jeunes en alternance, gratuité des frais d’inscription, des frais d’équipements, de scolarité, de transports.
- Une transparence dans la gestion de la taxe d’apprentissage et passer d’un coût forfaitaire à un coût réel des actions de formation
- Un vrai statut des formateurs dans les CFA et organismes de formation et mettre fin à la précarité des emplois dans ces secteurs.
- Consolider les savoirs de base dans le cadre de la Préparation Opérationnelle à l’emploi tel que le prévoit l’ANI de janvier 2009, pour l’accès à un contrat de professionnalisation en CDI, un emploi en CDI ou un emploi en CDD de 12 mois minimum
- La mise en oeuvre du droit à une formation initiale différée, tel que prévu à l’article 16 de l’ANI de janvier 2009.
- Conformément à la Loi d’orientation de 1989, aucun jeune ne doit sortir du système scolaire sans qualification, sans au moins le premier niveau de certification.
- La création d’un Service public de l’éducation et de la formation
- Chaque jeune à la sortie du système scolaire doit bénéficier d’un droit individuel à la formation, attaché à sa personne et transférable quel que soit son statut, utilisables comme levier dans l’acquisition de nouvelles qualifications
- La rémunération des stages dès 2 mois : Et pourquoi pas une gratification dès le 1er jour de stage ? Les stages de plus de 3 mois, sont souvent liés à des diplômes et des qualifications plus importantes! Donc 2400 euros pour 6 mois de travail, c'est un scandale qui ne résout pas le problème de l'autonomie des étudiants. Certains sont contraints à faire plusieurs stages après leur cursus pour avoir un peu d'argent et obtenir une"expérience" sur un CV.
Nous demandons un véritable statut des stagiaires, une juste rétribution des stages, à 50 % du SMIC au minimum, dès le 1er jour de stage, progressive avec la durée du stage et avec le niveau de qualification, la prise en compte des stages dans le calcul des droits à la retraite, la suppression des périodes d'essai après un stage lorsque le stagiaire est embauché dans l'entreprise.
- La prime à l'embauche des stagiaires en cours en CDI : Ce sont les stages hors cursus qui sont concernés par cette mesure, des étudiants déjà diplômés et qui sont obligés de faire des stages car ils n'ont pas trouvé de travail ! C'est donc la création d'un nouveau parcours après les études.
Un jeune diplômé devra faire au moins un stage de 6 mois à 1 an, puis éventuellement il sera embauché en CDD ou CDI ...ce qui de facto crée et rallonge les périodes d'essais dans les entreprises et précarise les parcours !
De plus c'est un effet d'aubaine ! La prime est donnée à l'entreprise... et pas au salarié !
Plus globalement la CGT propose :
- Un statut social de l’étudiant, une allocation d’autonomie, une réforme de l’aide sociale, l’accès au logement social permettant à chaque jeune de disposer de ressources lui permettant de poursuivre ses études sans être contraint de travailler, ni d’être dépendant de sa famille. Nous proposons une allocation égale à 50% du SMIC. Les années d’étude doivent être validées dans le calcul des droits à retraite