Partager l'article ! Lettres ouvertes des porte-parole de la CNU: Lettre ouverte des porte-parole de la coordination nationale des universités aux ...

CGT
Université de Provence
case 93
3 place Victor Hugo
13331 Marseille
cedex 3
tel : 04.91.10.60.34
cgt@univ-provence.fr
permanence
mardi de
8h30à 12h30
Depuis le 2 février, voire avant pour certaines d’entre elles, les universités sont en grève. Chaque semaine, la communauté universitaire manifeste dans la rue sa colère et témoigne de son unité. Ce mouvement rassemble depuis son origine un front extrêmement large, fédérant les étudiants, toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, issus de sensibilités et de tendances très diverses; cela répond à l’attaque brutale et frontale du gouvernement contre l’université publique et autonome que nous aimons.
À ce mouvement de colère sans précédent, les ministres concernés n’ont opposé, jusqu’à aujourd’hui, que le mépris, des manœuvres dilatoires, des faux semblants de négociations et,
finalement, une politique du pourrissement. La coordination nationale des universités est consciente que les attaques contre l’université et la recherche s’intègrent dans une politique globale
de casse des services publics et de précarisation généralisée de la population. Elle affirme son ancrage dans le mouvement interprofessionnel dont elle partage les revendications.
Alors que le chômage redevient la menace majeure pour une grande partie des salariés, l’État supprime 1090 emplois cette année dans l’enseignement supérieur, 30 000 à l’échelle de toute la fonction publique, mettant en cause la possibilité même de l’accomplissement de nos missions. La modulation des services mis en place par le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le contrat doctoral unique (CDU) s’inscrit dans une politique plus large d’individualisation des carrières visant à fragiliser l’ensemble des personnels. La précarité se développe dans nos services, touchant plus de 30% des salariés employés dans les universités. La baisse du pouvoir d’achat frappe durement, en particulier les personnels administratifs et techniques dont les salaires démarrent à peine au niveau du SMIC, sans réelle possibilité de progression et d’évolution de carrière.
La politique universitaire actuelle, en particulier la mise en concurrence des universités, promeut un modèle d’éducation profondément inégalitaire fondé sur une conception régressive des
savoirs et une sélection par l’argent de plus en plus clairement affirmée. Les premières victimes en seront les enfants des milieux les plus défavorisés que le service public de l’enseignement
ne sera plus en mesure d’accueillir correctement et qui devront s’endetter pour bénéficier d’une formation actuellement ouverte à tous. Pour toutes ces raisons, le mouvement des universités a
pris toute sa place dans la formidable mobilisation du 19 mars. La coordination nationale des universités appelle les organisations syndicales à donner une suite rapide à cette journée pour
construire le front large et déterminé indispensable face à un gouvernement qui ne comprend que le rapport de force.
Pour envisager les possibilités pratiques et les modalités de ces convergences, nous souhaitons vous rencontrer aussi vite que possible.
Salutations en lutte,
Depuis le 2 février, voire avant pour certaines d’entre elles, les universités sont en grève. Chaque semaine, la communauté universitaire manifeste dans la rue sa colère et son unité. Ce mouvement rassemble depuis son origine un front extrêmement large, fédérant les étudiants, toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, issus de sensibilités et de tendances très diverses ; ceci répond à l’attaque brutale et frontale du gouvernement contre l’université publique et autonome que nous aimons.
À ce mouvement de colère sans précédent, les ministres concernés n’ont opposé jusqu’à aujourd’hui que le mépris, des manœuvres dilatoires, des faux semblants de négociations et, finalement, une politique du pourrissement.
Il est aujourd’hui de plus en plus évident que la politique universitaire de ce gouvernement s’inscrit dans un
projet global qui concerne tout le service public, de l’éducation et au-delà. La dégradation programmée des contenus disciplinaires, de la culture et des humanités, la destruction de la
fonction publique d’état dans l’enseignement par l’extension du recours à la modulation des services, à l’emploi précaire, aux externalisations et à la déconcentration locale du recrutement et
de la gestion des carrières, la dégradation brutale des conditions de vie, de travail, du pouvoir d’achat de nos collègues, la libéralisation du « marché » de l’enseignement. Tout
cela constitue une politique réfléchie qui ne laisse rien au hasard et attaque
l’ensemble de nos secteurs.
Nous ne pouvons accepter cette politique parce que le savoir n’est pas une marchandise. Ni l’université, ni la recherche ni l’éducation ne peuvent être gérées comme des entreprises.
L’ensemble de la communauté universitaire s’est félicité de l’attitude ferme adoptée par le SNESup et FO lors de la séance du CTPU consacrée au décret sur le statut des enseignants chercheurs la semaine dernière. Nous sommes d’autant plus troublé d’apprendre que se déroulent en ce moment même des « rencontres » avec le gouvernement à propos de la mastérisation, sur la base d’un « cadre de discussion » imposé par les ministres. Le mandat de la CNU que nous portons est extrêmement clair à ce sujet : pas de négociation sans retrait d’un projet inacceptable, pas de discussions séparées sans ouverture de véritables négociations sur l’ensemble des dossiers contestés. Nous en sommes loin !
Face à un gouvernement qui ne comprend que le rapport de force, la coordination nationale des universités est convaincue que seule notre unité et la constitution d’un front large et déterminé nous permettra de gagner. C’est pour cela que, depuis la 3ème coordination tenue le 11 février à Saint-Denis elle appelle à la convergence des luttes et à la construction d’un grand mouvement de la maternelle à l’université et à la recherche et au-delà. De multiples initiatives locales ont permis à nos collègues de différents secteurs de commencer à mettre en place cette dynamique.
La coordination nationale des universités à Strasbourg, en accord avec l’intersyndicale de l’enseignement supérieur, a décidé de faire du 2 avril sa prochaine grande date de manifestation de la maternelle à l’université. Pour construire le 2 avril et répondre à la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, nous souhaitons vous rencontrer aussi rapidement que possible pour discuter des possibilités pratiques de cette nécessaire convergence.
Salutations en lutte,
Les porte-parole de la CNU.