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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 00:18

(puisque le ministère durcit le ton … ci-dessous un courrier que chacun est naturellement libre de s’approprier … et d’envoyer au ministère de tutelle concerné …)

Mme Valérie PÉCRESSE
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
1, rue Descartes, 75231 Paris Cedex 05

Paris le 13 mars 2009


Madame,

Vous avez rappelé récemment aux présidents d’université la procédure à suivre concernant le décompte des personnels grévistes. C’est de bonne guerre. Dans le conflit qui vous oppose à la communauté universitaire, il est compréhensible, puisque vous refusez avec acharnement de nous écouter, que vous tentiez de nous intimider par une menace sur nos salaires.
Nous tenons cependant à attirer votre attention sur deux points dont vous mesurerez, nous en sommes certains, l’importance et les enjeux :


1.      Les enseignants-chercheurs mobilisés dans le cadre de ce qu’ils ont appelé la « grève active » sont présents, plus que jamais, sur leurs lieux de travail et dans leurs missions. Nombre d’entre eux assurent des cours, qu’ils appellent « alternatifs », qui s’inscrivent dans le prolongement de leurs recherches, de leurs réflexions, de leurs enseignements. Ouverts à tous les étudiants, aux autres enseignants et chercheurs, parfois à tous publics lorsqu’ils se tiennent « hors les murs », ces cours ne sauraient être tenus pour nul et non avenus. Sauf à vous arroger un droit que vous n’avez pas : il ne vous appartient pas, en effet, de décider de la pertinence des choix pédagogiques et scientifiques des enseignants et des enseignants-chercheurs. C’est notre affaire, et celle des équipes pédagogiques auxquelles nous appartenons. Je doute, du reste, que vous puissiez prétendre avoir les compétences requises pour apprécier la légitimité universitaire des conférences que nous donnons dans le cadre des cours alternatifs et décréter qu’elle ne ressortissent pas aux obligations de service d’un enseignant-chercheur.


2.      Le cas des journées où les universitaires en lutte participent à des journées d’action (manifestations) vous paraît sans doute différent. La chose est plus délicate qu’il n’y paraît. Soit un élément quelconque dans l’ensemble U des universitaires en lutte, que nous appellerons Mme Z. Posons que le mardi, il est prévu que Mme Z. effectue 4 heures de cours : 2 heures avec des étudiants de 1ère année de Licence et 2 heures avec des étudiants de 2e année de Master. Admettons que, pendant toute la durée de la lutte, Mme Z. a répondu trois fois à des appels à manifester le mardi. 3/30ème de son salaire lui seront donc retenus. Dès lors, à l’issue de la lutte, Mme Z. est dégagée de toute obligation d’envisager le rattrapage des cours non effectués, et de toute autre forme de remédiation. Traitée comme gréviste par son employeur, Mme Z. ne peut à la fois être pénalisée financièrement et encore tenue aux obligations dont la pénalisation financière entèrine le fait qu’elle n’y a pas satisfait. Pour les étudiants concernés, cela signifie qu’au lieu des 24 heures de cours prévues, ils n’auront eu que 18 heures de cours. Mme Z., scrupuleusement soucieuse du respect de la maquette des diplômes en question, est donc dans l’impossibilité d’organiser un examen, de produire une note, de statuer sur le semestre et, s’il s’agit d’une année diplômante, de permettre la délivrance du diplôme.


En envisageant d’appliquer de manière comptable et mécanique le décompte des jours de grève à une profession dont le temps d’enseignement est annualisé, vous méconnaissez la réalité de notre travail et, surtout, vous nous empêchez défnitivement de mettre en œuvre, en parallèle de notre lutte ou au terme de celle-ci, des stratégies de remédiation (rattrapage, cours en ligne, travaux de recherche personnels donnés aux étudiants, échange par courriel, etc.). De fait, vous nous dégagez de toute obligation d’envisager ces remédiations, et vous prenez, seule, la responsabilité de nous empêcher de procéder à des examens et de délivrer des diplômes.

La solution pourrait être que nous acceptions, bien qu’ayant été traités en grévistes de manière comptable, de rattraper les cours en sus de nos obligations statutaires. Nous sommes accoutumés à faire bien davantage que ce que nos obligations prévoient : depuis des années, nous prenons en charge des tâches très lourdes, notamment administratives, sans aucune contrepartie financière. Vous comprendrez que, cette fois, la situation est toute différente.


Nous ne doutons pas que vous accorderez à cette lettre toute l’attention qu’elle mérite.

source : Blog : Universités en lutte

Par cgtup
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