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Les premiers écrits relatant un mouvement de grève ont été découvert sur des papyrus datant de l' Egypte des pyramides et des pharaons. Mais aujourd'hui la plupart des conflits trouvent leur origine dans un système socio-économique correspondant à un modèle similaire : une ultra-minorité possède la quasi-totalité des richesses et des pouvoirs, alors que l'écrasante majorité produit ces richesses mais n'obtient en retour que ce qui lui permet de survivre et de se reproduire.
La grève est un moyen d'action ancien, mais reste toujours le moyen le plus efficace pour lutter contre un modèle socio-économique qui en plusieurs millénaires, n'a pas changé sur le fond.
Dans une entreprise privée ou publique, la grève est un moyen de résoudre les conflits dont la logique est relativement simple à décrire :
L'intérêt de l'entreprise est de maximiser les profits et minimiser les pertes. La principale source de profit provient du travail fourni par ses salariés. La principale source de perte provient du salaire qu'elle doit verser à ses salariés. A titre indicatif, la part salariale en France en 2005 était de 57,2%, c'est à dire que 57,2% des richesses produites dans le pays (PIB) est revenu aux salariés. L'intérêt primitif de l'entreprise amène naturellement sa direction à maintenir les salaires au plus bas et à augmenter au maximum la productivité des salariés (ce qui la plupart du temps a des conséquences tragiques sur leur conditions de travail).
Lorsque les salariés sont en grève dans une entreprise, ils espèrent que les pertes causées par le mouvement de grève soient jugées par la direction de l'entreprise comme plus importantes que le coût induit par une réponse positive aux revendications des salariés.
L'argument anti-grève traditionnel dans ce contexte – souvent porté par les cadres de l'entreprise est « la concurrence est rude, nous sommes tous dans le même bateau, si nous accédons à vos revendications, la concurrence nous forcera à mettre la clef sous la porte / délocaliser dans des pays à faible coût de main d'oeuvre ». Tant que les livres de comptes des entreprises ne seront pas ouverts, cet argument ne peut être ni démontré, ni réfuté mais la peur qu'il engendre chez les salariés en fait un argument relativement efficace... pour autant que la peur de conserver son emploi dans les conditions existantes ne soit pas supérieure !
Un service public génère des profits de façon indirecte et généralisée. Par exemple, la productivité des salariés dans pays est bien évidemment corrélée avec son niveau de santé et son niveau d'éducation. Les recettes de l'état se font en partie sur les profits générées par les entreprises et on peut penser que la problématique est strictement la même que dans le cas d'une entreprise : minimiser le coût du service public tout en maximisant la part du profit généré par les entreprises grâce à ce service.
Mais le service public, s'il profite indirectement aux entreprises, profite aussi généralement à la population. Lorsque l'état est dirigé par les intérêts des grands groupes financiers et industriels, il est donc tenté de réduire tous les coûts « inutiles » des services publics, de limiter le service public à ses aspects les plus rentables. Inutile de soigner la population à « faible niveau d'employabilité ». Restreindre le service public de formation aux secteurs ou la demande en personnel plus importante que l'offre.
Mais dans un mouvement de grève du service public, les pertes pour l'état sont très difficiles à quantifier. Le milieu hospitalier n'ose pas interrompre les soins pour des raisons simplement humaines. Les parents d'élèves s'organisent pour travailler malgré les grèves enseignantes. En général, les grèves de formateurs n'auront de répercutions économiques que plusieurs années plus tard et une infirme minorité de la population sera en capacité de relever ces répercutions.