Jeudi 28 février 2008
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Salaires la question traverse toute la zone Europe
En dépit des cris d’orfraie de la banque centrale européenne qui y voyait un risque de dérapage inflationniste, les métallurgistes allemands avec leur
syndicat IG Metall ont donc réussi cette semaine passée, à faire plier le patronat sur leur revendication salariale.
C’est donc une augmentation de salaires de 5,2 % en 2008 qu’obtiennent les métallurgistes qui avaient d’emblée refusé que les augmentations soient en dessous des 5 %,
mais qui réclamaient au départ 8 %. « La bonne situation dans l'industrie sidérurgique profite aussi à présent, de manière durable, aux employés », s'est réjouit le responsable des négociations
pour le syndicat.
Des négociations salariales sont actuellement en cours dans d'autres secteurs de l'économie allemande. Le syndicat de service Verdi demande ainsi des hausses de 8% pour les fonctionnaires, après
plusieurs années de modération salariale.
Comme on le voit, la question des salaires et du pouvoir d’achat n’est pas une spécificité française. Elle est même si bien partagée par les salariés des autres pays de la zone Europe que la
Confédération européenne des syndicats (CES) appelle à une manifestation européenne le 5 avril prochain pour « exiger des augmentations salariales » à Ljubljana en Slovénie (pays en charge de la
présidence tournante de l’UE).
La CGT appelle à participer à cette manifestation. Il faut en effet savoir que la part des salaires n’a cessé de baisser dans le PIB. En 1995, la part des salaires dans le produit intérieur brut
représentait 59,5 %, en 2007, 55%, alors que la part des profits a augmenté de plus de 3 % depuis 1997.
La publication en ce moment des résultats des entreprises et les annonces des salaires des patrons français n’ont fait que renforcer la détermination des salariés qui, nombreux, sont engagés dans
des actions revendicatives à l’occasion des Négociations Annuelles Obligatoires. Comme en attestent nos infos de cette semaine, la conflictualité sur cette question est particulièrement vive,
mais on voit aussi que l’Insee s’inquiète de la baisse de la consommation des ménages qui pourrait peser sur la croissance.
Augmenter les salaires a beaucoup plus de vertu que ne le prétendent les patrons et les économistes libéraux. C’est à la fois, bon pour notre économie, bon pour reconnaître les qualifications,
bon pour la protection sociale qui verra ses recettes croître. C’est aussi un plus juste partage des richesses créées par notre travail. A contrario, on voit combien la confiscation des profits
au seul petit jeu malsain de la spéculation financière est porteuse de menaces.
Par cgtup
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