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Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /Fév /2008 15:34
Déclaration des syndicats SNTRS/CGT  
CNRS-INSERM-INRIA-IRD-INED-INRETS-INRP
 
TOUS CONTRE LA POLITIQUE DE RECHERCHE DE SARKOZY
 
Le Président de la République (cf discours d’Orsay) et le Ministère de la Recherche et de L’Enseignement Supérieur sont clairs quant au fond des réformes qu’ils mènent et annoncent. Ils veulent mettre tous les personnels de la recherche publique au service de la compétitivité des entreprises et de quelques groupes de pression dans certains secteurs. C’est une vision à court terme qui, si nous ne parvenons pas à contrer cette politique, va dramatiquement affaiblir la recherche française sans résoudre le problème de la compétitivité des entreprises, qui nécessite surtout une autre politique industrielle et sociale.
CE QUE VEULENT SARKOZY ET LE MINISTERE
Casser les EPST comme le CNRS et l’INSERM pour les réduire à des agences d’objectifs bien contrôlées par le ministère (retrait de la tutelle des EPST sur de nombreuses UMR …).
• Financer les équipes principalement par l’ANR au travers des contrats à 2-3 ans, sur des thèmes imposés, et sélectionnés sur des critères qui excluent les champs émergents et les recherches qui ne sont pas rapidement « valorisables ».
• Faire évaluer les laboratoires par l’AERES sur les mêmes critères que les contrats
ANR, en laissant donc de côté de nombreux enjeux scientifiques qui n’ont pas de retombées à court terme.
• Imposer ces critères pour l’évaluation des chercheurs.
• Renforcer l’évaluation hiérarchique des ITA sur objectifs, en marginalisant la qualification.
Réduire le nombre de chercheurs à temps plein faisant une carrière dans la recherche.
Le statut de titulaire est ouvertement menacé.
Augmenter le nombre de chercheurs et d’ITA sur CDD.
Individualiser les rémunérations, pour réduire globalement le coût du travail, en attribuant des primes ou des compléments de salaires seulement à quelques-uns sous la couverture du mérite.
Renforcer les pouvoirs mandarinaux, en particulier en éliminant ou affaiblissant les instances représentatives (Comité National,…).
CE QUE LE SNTRS-CGT CONSIDERE NECESSAIRE
Maintenir et renforcer les prérogatives des EPST dans l’évaluation et le financement des laboratoires, notamment les UMR.
Augmenter les financements récurrents attribués par les EPST en leur transférant une grande partie des moyens actuellement distribués par l’ANR. Supprimer l’ANR. Le financement incitatif doit être réduit et distribué par une structure appuyée sur les instances représentatives.
L’évaluation des laboratoires et des personnes qui y travaillent doit être effectuée par les instances représentatives des institutions concernées (Comité National au CNRS, CSSà l’INSERM,…). En conséquence, l’Enseignement supérieur doit se doter d’une structured’évaluation spécifique.
L’AERES doit être supprimée.
• Revenir à des critères d’évaluation prenant en compte la qualité, l’intérêt de la démarche et les enjeux scientifiques.
Démocratiser les laboratoires (réactivation des Conseils de labos, …)
• Mettre en place pour les ITA une évaluation de leur qualification par des pairs choisis par les communautés concernées.
Créer des emplois de titulaires ITA et chercheurs à temps plein pour remplacer les CDD sur des fonctions permanentes.
Recruter jeune sur emplois de titulaires. Pour les chercheurs, cela doit se faire au niveau de la thèse.
Revaloriser les rémunérations pour toutes les catégories :
o Augmenter les indices de débuts de carrières,
o Prolonger les grilles indiciaires (pour tenir compte à la fois de l’allongement de la durée de cotisations pour les retraites et des qualifications acquises)
o Porter la prime de recherche à 20%.
Le SNTRS-CGT considère que la situation est très grave. L’efficacité du système de recherche est menacée en même temps que la dégradation des conditions d’exercice de nos métiers atteint un niveau sans précédent. La souffrance au travail touche de nombreux travailleurs scientifiques : difficulté d’insertion de chercheurs et d’ITA titulaires, doctorants et post-doctorants de plus en plus souvent sérieusement exploités alors qu’ils n’ont pas de perspectives dans la recherche, développement des pratiques mandarinales dans de nombreux secteurs, mauvaise reconnaissance des
qualifications, découragement des jeunes et de ceux qui ont connu une autre époque,… Ces conditions favorisent l’explosion de l’individualisme et aussi des comportements qui ne respectent pas l’éthique.
Il faut arrêter cette évolution. Il faut mettre un terme à la politique qui est menée par le gouvernement.
C’est pourquoi le SNTRS-CGT appelle les personnels de la recherche à participer aux AG qu’il organisera, si possible avec les autres syndicats, pour s’informer et s’exprimer. Il propose dans la première quinzaine de mars une manifestation à Paris en direction du Ministère et en province en direction des Préfectures.
 
Par cgtup
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