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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 22:45
séance du Sénat du 17 novembre  Extrait du Compte rendu -

 

M. Yannick Bodin.  - Ma question s'adresse au ministre de l'éducation nationale. Le 16 septembre dernier, Acadomia, l'une des principales sociétés de soutien scolaire privé, a lancé son opération « Devenez bachelier ou soyez remboursé ». Pour 2 000 à 3 000 euros, l'élève de terminale reçoit des cours dans une ou deux matières, avec la garantie d'obtenir le baccalauréat en juin. En cas d'échec, Acadomia s'engage à rembourser les parents ! Bigre !


Le PDG d'Acadomia dit se défendre contre la concurrence de l'éducation nationale qui développe désormais des formes de soutien scolaire gratuit : « L'État a une obligation de moyens ; nous, notre valeur ajoutée, c'est la garantie des résultats. » Vous apprécierez, monsieur le président, vous qui avez été professeur ! Acadomia bénéficie pourtant de 320 millions d'aides de l'État, en crédits d'impôt, abattements de charges ou TVA à taux réduit ! Le plan de cohésion sociale, qui n'a créé que la moitié des 500 000 emplois promis, a en effet inclus ces entreprises de soutien dans les services à la personne, alors qu'elles n'emploient par nature que des étudiants ou des enseignants déjà en poste, d'ailleurs recrutés sans grande rigueur...


Seules les familles aisées pourront investir une telle somme pour l'éducation de leurs enfants qui, pour la plupart, n'ont pas besoin de soutien pour faire partie des 85 % de lycéens qui obtiennent le bac. La réduction d'impôt accordée augmente encore ce déséquilibre social.


M. Chatel s'est déclaré choqué que l'on puisse ainsi marchandiser le bac, dont il juge qu'il n'est pas à vendre. Je suis de son avis. Quelles mesures compte-t-il prendre pour empêcher l'intervention d'officines mercantiles qui traitent le savoir comme une marchandise, et passer des déclarations aux actes ?


Mme Nora Berra, secrétaire d'État chargée des aînés.  - Pour tous les Républicains, l'école ne saurait être une marchandise. Le savoir n'est pas à vendre, il se transmet et se conquiert par le travail et la persévérance. Luc Chatel condamne cette approche de la réussite, qui conduit parfois des familles modestes à des sacrifices importants et bafoue le principe de l'égalité des chances, l'alpha et l'oméga de l'école de la République.


L'école doit être son propre recours ; chaque élève doit pouvoir y trouver l'aide et le soutien dont il a besoin pour réussir. C'est le sens des réformes mises en oeuvre depuis l'élection du Président de la République : deux heures d'aide personnalisée hebdomadaires dans le primaire ; stages de remise à niveau pendant les vacances, qui ont concerné cet été près de 138 000 élèves de CM1 et CM2, encadrés par 26 000 enseignants ; accompagnement éducatif entre 16 et 18 heures dans les écoles d'éducation prioritaire et les collèges. Aujourd'hui, l'accompagnement éducatif concerne plus d'un collégien sur trois, un sur deux dans certaines zones rurales ou quartiers défavorisés. Plus d'un million d'élèves en ont bénéficié l'an dernier.


Des dispositifs de réussite scolaire ont été mis en place pendant les vacances pour les 200 lycées qui concentrent les difficultés. Enfin, la réforme du lycée crée un accompagnement personnalisé pour tous.

Tous ces services sont bien entendu gratuits pour les familles. Voilà l'ambition du ministère de l'éducation nationale, voilà notre conception de l'égalité des chances, pour la réussite de chacun.


M. Yannick Bodin - Il n'y a pas d'erreur ? C'est bien à ma question que vous répondez ? Vous n'avez pas dit un mot d'Acadomia ! Merci d'avoir résumé la politique du Gouvernement, mais j'étais au courant : M. Chatel nous l'a exposée en commission. Si nous étions à l'école, je dirais que vous êtes hors sujet ! Je vous demande de transmettre ma question au ministre, et je la lui poserai à nouveau. Vous vous êtes déplacée pour rien, madame !


M. le président.  - Ne vous en prenez pas à Mme la ministre, monsieur Bodin : elle n'a fait que vous transmettre la réponse de M. Chatel, à qui vous devriez poser à nouveau votre question.


M. Yannick Bodin.  - Je m'en vais ! (M. Yannick Bodin quitte l'hémicycle)

Par cgtup
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