
UNIVERSITE DE PROVENCE
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Valérie Pécresse.
Photo : C.Cousin/Metro
Un dossier très gênant est arrivé mardi en début d’après-midi sur le bureau de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Ce dossier, qui lui a été remis par une intersyndicale regroupant 19 organisations, est le résultat d’une vaste enquête sur la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche publics (ESRP), réalisée entre octobre et janvier. Et les chiffres, recueillis grâce à un questionnaire détaillé auquel ont répondu 4 409 personnes précaires, sont tout simplement édifiants.
20% de précaires
Il y aurait entre 45 000 à 50 000 précaires dans l’ESRP, soit environ 20 % des effectifs, qu’ils soient chargés de cours vacataires ou contractuels, doctorants, docteurs sans poste ou personnels
non enseignants (dits Ita et Biatoss). La précarité est plus forte pour les femmes, dans les universités et dans les sciences humaines et sociales.
Les explications à cette situation sont nombreuses : le nombre de titulaires diminue (-1.5% entre 2006 et 2008 au CNRS) quand celui des non-permanents augmente (+17.2% au CNRS pendant la même période) ; la rémunération est basse et irrégulière, sans lien avec les diplômes et l’expérience (les non enseignants qui ont répondu au questionnaire on gagné moins de 1 250 euros par mois l’an dernier) ; les non-titulaires n'ont pas de prime de précarité à la rupture d'un contrat, contrairement aux CDD du privé, etc.
Système D, à la limite de la légalité
Dans la pratique, les enseignants non-titulaires sont même obligés de filouter, comme l’explique Emmanuel Saint James, maitre de conférence à Paris 6, qui a été reçu mardi par des membres du
cabinet de Valérie Pécresse : "Normalement, on ne devrait faire des vacations qu’en supplément d’un travail officiel. Alors, les enseignants-chercheurs sont obligés de demander à un de leur
collègue qui a un vrai emploi qu’il leur serve de prête nom. Les vacations apparaissent comme heures sup sur la fiche de paie de ce dernier, qui reverse le montant à l’enseignant vacataire !
Désormais, la plupart des enseignements de première année sont faites par des vacataires…"
Un gouvernement qui sous-estime la situation...
Emmanuel Saint James, au sortir de sa réunion au ministère, a la "nette impression que ces cas de précarité là ne sont pas pris en compte par le gouvernement"… qui évalue, lui, le nombre de
précaires à 37 000. "C’est infiniment plus que ce qu’il avait toujours consenti à reconnaître jusque là", peut-on lire sur le site de Sauvons la recherche.
... et qui fait sa contre-étude
Le gouvernement a annoncé à la délégation venue lui remettre le rapport être lui aussi en train de faire une étude sur la précarité. "Quand nous avons exigé une réponse politique à notre
situation dans les trente jours, donc avant les régionales, le ministère nous a répondu que les résultats de leur enquête ne seraient connus que courant avril. Or, les situations de précarité
sont trop difficiles à vivre pour qu’on tergiverse à ce sujet !", réagit Emmanuel Saint James.
L’intersyndicale demande un plan pluriannuel dans l’ESRP et s’apprête déjà à mener une nouvelle bataille : celle pour le gel des postes (obtenu dans la douleur l’an dernier) au-delà de 2011.
Source : Metro
La prime d’excellence scientifique est attribuée à certains chercheurs. De plus en plus d’entre eux la refusent pour
protester contre une logique individualiste et compétitive.
En octobre dernier, Didier Chatenay, physicien et directeur de recherche au CNRS, était le premier à dire non. Non à la prime d’excellence scientifique (PES). Cette prime, allant de 3 500 euros à 25 000 euros par an, est versée aux enseignants-chercheurs « dont l’activité scientifique est jugée d’un niveau élevé », dixit le ministère de l’Enseignement supérieur, soit 20 % de chercheurs. En décembre dernier, un deuxième chercheur, François Bonhomme, médaillé d’argent en 1996, reçoit une lettre l’informant qu’il fait partie des bénéficiaires de la prime de 15 000 euros par an, étalée sur quatre ans. Bien que flatté par une telle gratification, François Bonhomme refuse et demande qu’elle soit versée à la Fondation de France qui poursuit, selon lui, des objectifs plus acceptables que ceux qui sous-tendent les actuelles réformes du système français de la recherche.
« Je ne suis pas du tout partisan de la politique de différenciation salariale qui est en train de se mettre en place dans la recherche publique française », explique-t-il dans une lettre au directeur général du CNRS. Il refuse, en somme, le principe d’une prime individuelle au mérite, qui induit « une mise systématique en concurrence soutenue des individus pour l’accès aux ressources […], porteuse d’abus, de déconvenues et d’effets pervers ».
Valérie Pécresse aimerait pourtant bien imposer des mesures de management aux universités. Persuadée que la mise en concurrence rend plus performant. Mais si les chercheurs sont à l’université, c’est précisément parce qu’elle n’est pas une entreprise. Depuis l’automne dernier, des motions sont votées et une pétition intersyndicale circule contre la PES. Perçue avant tout comme « un nouvel élément qui fragilise les statuts », la prime ne prend pas en compte le fait que « la recherche est un travail d’équipe. Cette démarche risque surtout de casser le dynamisme et la solidarité des collectifs de travail ».
Par ailleurs, les jeunes chercheurs, plus souvent contractuels que titulaires, auraient davantage besoin d’un soutien financier. Ce que souligne François Bonhomme, lorsqu’il suggère d’utiliser de telles sommes « à améliorer les promotions et les recrutements ».
D’autres chercheurs emboîtent le pas à leurs collègues. Ainsi, Laurent Mucchielli, médaille de bronze en sociologie en 2006, Claire Lemercier, médaille de bronze en histoire en 2008, et Karine Costuas, médaille de bronze en chimie en 2009, ont fait la même démarche. Un refus qui pourrait bien faire tache d’huile.
Ixchel Delaporte
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JANVIER 2010 valeur point indiciaire brut au 1er juillet 2009 : 55,1217 € annuel au 1er octobre 2009 : 55,2871 € annuel |