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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 23:19

Nous ne voulons pas d’un « marché de la connaissance » !


Appel à une mobilisation européenne contre la stratégie de Lisbonne en matière d’enseignement supérieur et de recherche (1)

Le prochain sommet de printemps des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se tiendra les 19 et 20 mars 2009. À l’ordre du jour de ce Conseil européen figurent comme points prioritaires l’évaluation et la poursuite de la stratégie de Lisbonne amorcée en 2000 qui, entre autres, encadre les politiques engagées actuellement dans tous les pays membres pour « moderniser » les systèmes nationaux de recherche et d’enseignement (primaire, secondaire, supérieur, « formation tout au long de la vie »).


L’ambition affichée d’une « société de la connaissance » ne peut être qu’encouragée lorsqu’elle est un pari sur l’éducation et la recherche comme biens publics, qu’elle garantit la démocratisation de l’accès au savoir, qu’elle permet aux citoyens l’analyse critique raisonnée des choix scientifiques et techniques qui leur sont proposés. Mais l’orientation prise actuellement est tout autre : elle réduit ce projet à la construction d’un « marché commun de la connaissance » dont nous constatons partout les conséquences délétères en termes d’affaiblissement de l’indépendance scientifique, de déstructuration du système de recherche publique, de renforcement du pouvoir des entreprises, de précarisation massive des conditions de travail et d’étude, de creusement des inégalités face au savoir, d’éloignement des citoyens des choix scientifiques et techniques qui les concernent.


Depuis quelques années, avec une intensité croissante, des mobilisations de grande ampleur, portées par les lycéens, les étudiants, les personnels de l’éducation et de la recherche, et plus largement par le mouvement social, se sont multipliées en Europe. Elles expriment fortement l’exigence d’un secteur public de l’éducation et de la recherche qui ne soit pas construit sans débat démocratique et qui s’affranchisse de la soumission au marché concurrentiel.


C’est pourquoi nous appelons tous les citoyens européens à se mobiliser les 18, 19 ou 20 mars 2009, dans tous les pays membres et au-delà, au sein des universités, des laboratoires et dans la rue,

CONTRE la mise en marché des activités éducatives et scientifiques,

CONTRE la mise en compétition généralisée des populations et des territoires,

POUR un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, démocratique et émancipateur.

Premiers signataires :

> Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyennes et citoyens – Attac

> Fondation Sciences Citoyennes

> Sauvons La recherche – SLR

> Sauvons L’Université – SLU

> Syndicat National des Chercheurs Scientifiques – SNCS

> Syndicat National de l’Enseignement Supérieur – SNESUP

> Union des Familles Laïques – UFAL

(1) Ce texte est traduit en anglais, en allemand, en espagnol, en grec, en néerlandais, en catalan.

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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 19:23

Pierre Jourlin, enseignant à l'Université d'Avignon fait part de ses réflexions

Ce texte n'aborde pas les motifs de la grève actuelle, ils sont largement répercutés dans les médias, dans les assemblées générales, etc. Par contre, de nombreux collègues et étudiants se posent la question des modalités d'action et sont dubitatifs quant à l'efficacité d'un mouvement de « grève » effectif. Dans le contexte d'un service public d'état et en particulier des établissements de recherche et d'enseignement supérieur, ce questionnement est vraiment naturel et légitime. Je vais donc tenter dans ce document de défendre la grève comme moyen d'action indispensable pour lutter contre les réformes en cours,pour les personnels, comme pour les usagers.

 

Un moyen d'action archaïque ?

Les premiers écrits relatant un mouvement de grève ont été découvert sur des papyrus datant de l' Egypte des pyramides et des pharaons. Mais aujourd'hui la plupart des conflits trouvent leur origine dans un système socio-économique correspondant à un modèle similaire : une ultra-minorité possède la quasi-totalité des richesses et des pouvoirs, alors que l'écrasante majorité produit ces richesses mais n'obtient en retour que ce qui lui permet de survivre et de se reproduire.

La grève est un moyen d'action ancien, mais reste toujours le moyen le plus efficace pour lutter contre un modèle socio-économique qui en plusieurs millénaires, n'a pas changé sur le fond.

La grève dans une entreprise.

Dans une entreprise privée ou publique, la grève est un moyen de résoudre les conflits dont la logique est relativement simple à décrire :

L'intérêt de l'entreprise est de maximiser les profits et minimiser les pertes. La principale source de profit provient du travail fourni par ses salariés. La principale source de perte provient du salaire qu'elle doit verser à ses salariés. A titre indicatif, la part salariale en France en 2005 était de 57,2%, c'est à dire que 57,2% des richesses produites dans le pays (PIB) est revenu aux salariés. L'intérêt primitif de l'entreprise amène naturellement sa direction à maintenir les salaires au plus bas et à augmenter au maximum la productivité des salariés (ce qui la plupart du temps a des conséquences tragiques sur leur conditions de travail).

Lorsque les salariés sont en grève dans une entreprise, ils espèrent que les pertes causées par le mouvement de grève soient jugées par la direction de l'entreprise comme plus importantes que le coût induit par une réponse positive aux revendications des salariés.

L'argument anti-grève traditionnel dans ce contexte – souvent porté par les cadres de l'entreprise est « la concurrence est rude, nous sommes tous dans le même bateau, si nous accédons à vos revendications, la concurrence nous forcera à mettre la clef sous la porte / délocaliser dans des pays à faible coût de main d'oeuvre ». Tant que les livres de comptes des entreprises ne seront pas ouverts, cet argument ne peut être ni démontré, ni réfuté mais la peur qu'il engendre chez les salariés en fait un argument relativement efficace... pour autant que la peur de conserver son emploi dans les conditions existantes ne soit pas supérieure !

La grève dans un service public.

Un service public génère des profits de façon indirecte et généralisée. Par exemple, la productivité des salariés dans pays est bien évidemment corrélée avec son niveau de santé et son niveau d'éducation. Les recettes de l'état se font en partie sur les profits générées par les entreprises et on peut penser que la problématique est strictement la même que dans le cas d'une entreprise : minimiser le coût du service public tout en maximisant la part du profit généré par les entreprises grâce à ce service.

Mais le service public, s'il profite indirectement aux entreprises, profite aussi généralement à la population. Lorsque l'état est dirigé par les intérêts des grands groupes financiers et industriels, il est donc tenté de réduire tous les coûts « inutiles » des services publics, de limiter le service public à ses aspects les plus rentables. Inutile de soigner la population à « faible niveau d'employabilité ». Restreindre le service public de formation aux secteurs ou la demande en personnel plus importante que l'offre.

Mais dans un mouvement de grève du service public, les pertes pour l'état sont très difficiles à quantifier. Le milieu hospitalier n'ose pas interrompre les soins pour des raisons simplement humaines. Les parents d'élèves s'organisent pour travailler malgré les grèves enseignantes. En général, les grèves de formateurs n'auront de répercutions économiques que plusieurs années plus tard et une infirme minorité de la population sera en capacité de relever ces répercutions.



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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 18:53

DECLARATION DE SOUTIEN AUX SYNDICATS FRANÇAIS DE

L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

L’Internationale de l’Education exprime son soutien à ses organisations membres organisant les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche en France qui défendent un engagement ferme des pouvoirs publics pour un système éducatif moderne de haute qualité et accessible à tous et toutes.


L’IE déplore les suppressions d’emploi qui conduisent à un désengagement de l’Etat. Choisir de diminuer la qualité de l'éducation pour des raisons budgétaires à court terme est une politique qui ne peut mener à aucun résultat satisfaisant, en particulier dans le contexte européen dans lequel un enseignement supérieur et une recherche de haute qualité sont largement reconnus comme priorité pour l’avenir d’un pays. Les réductions budgétaires et les suppressions de postes porteraient un sévère coup aux conditions de travail des enseignants, ainsi qu’à l'attrait et l'efficacité des universités françaises.


L’IE rappelle que l'enseignement supérieur et la recherche constituent un bien public essentiel au

développement social, culturel et économique des communautés, des nations et des régions et que, par conséquent, il incombe aux États de garantir un financement adéquat des institutions d'enseignement supérieur et de recherche.


L’IE demande le respect de l'exercice des libertés académiques ce qui englobe la liberté d'enseignement et de discussion en dehors de toute contrainte doctrinale, la liberté d'effectuer des recherches et d'en diffuser et publier les résultats, le droit pour les personnels d'exprimer librement leur opinion sur l'établissement ou le système au sein duquel ils travaillent, le droit de ne pas être soumis à la censure institutionnelle, celui de participer librement aux activités d'organisations professionnelles ou d'organisations académiques représentatives, ainsi que la liberté de mouvement.


L’IE demande également que toute réforme du système éducatif fasse préalablement l’objet d’une réelle négociation avec les personnels par le biais de leurs organisations représentatives. L’engagement de l’Etat à mener un véritable dialogue social avec tous les acteurs est une condition pour instaurer un environnement propice à toute réforme.


L’IE suggère enfin que toute réforme envisagée prenne en compte une mise en oeuvre complète de la Recommandation de 1997 de l'UNESCO sur la condition des personnels enseignants de l'enseignement supérieur.


L’IE assure ses organisations membres en France représentant les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, FERC-CGT, FNEC.FP-FO, SGEN-CFDT, SNCS, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNESUP-FSU et UNSA-Education*, de son soutien et de sa solidarité.


* L’Internationale de l’Education est une fédération syndicale mondiale qui représente plus de 30 millions d’enseignants et enseignantes par le biais de 401 organisations dans 172 pays, dont la Fédération Formation et Enseignement Privés (FEP-CFDT), la Fédération CGT de l’Education, de la Recherche et de la Culture (FERC-CGT), la Fédération Nationale de l'Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle Force Ouvrière (FNEC.FP-FO), la Fédération des Syndicats Généraux de l'Education Nationale et de la Recherche (SGEN-CFDT), le Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS), le Syndicat National de l'Education Physique (SNEP-FSU), le Syndicat National des Enseignements de Second Degré (SNES-FSU), le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP-FSU), le Syndicat National de l'Enseignement Technique (SNETAA), le Syndicat National de l'Enseignement Technique Agricole Public (SNETAP-FSU), le Syndicat National Unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) et l’UNSA Education en France.

 

10 février 2009
Par cgtup - Publié dans : Service public
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