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Brèves de la CGT


Après son attaque contre la CGT

Les Molex répondent à Estrosi ›››

Le syndicat CGT de Molex à Villemur-sur-Tarn a écrit une lettre ouverte à Olivier Mazerolle à la suite du débat sur BFM opposant Jean-Luc Mélenchon à Christian Estrosi, ministre de l’Industrie. Lors du débat que vous avez animé le dimanche 18 décembre 2011, mettant en présence Messieurs Jean-Luc Mélenchon et Christian Estrosi, l’affaire Molex a été évoquée et nous avons été stupéfaits d’entendre Monsieur Estrosi mettre en cause les salariés et les (...)
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Une lutte exemplaire dans la sûreté aéroportuaire ›››

La fédération Cgt Commerce, Distribution, Services prend acte ce jour que trois organisations syndicales ont signé l’accord de fin de conflit dans la sûreté aéroportuaire. Cette grève d’une ampleur nationale, inédite et exemplaire montre l’exigence des salariés déterminés à vivre décemment. Dans ce secteur d’activités fortement précarisé, les salariés ont levé la tête malgré les pressions de toutes sortes exercées pendant ce conflit, avec l’appui d’un (...)
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COMMUNIQUÉ COMMUN CGT COMMERCE ET SERVICES ET CGT TRANSPORTS
Quand le Gouvernement n’accepte pas que les salarié(e)s touchent au capital par le droit de grève ! ›››

Le conflit portant notamment sur les salaires et conditions de travail des agents de sûreté dans les aéroports depuis le 16 décembre 2011 démontre plus que jamais la légitimité d’un SMIC à 1700 euros, comme le revendique la Cgt. En effet, l’augmentation du SMIC d’environ 22 euros mensuel ne permet en aucun cas de vivre décemment, pas plus qu’elle ne permettra de relancer la consommation. Une fois de plus, malgré de beaux discours sur le pouvoir (...)
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 00:20

Le coût du travail en France est-il trop élevé ?

 Les chiffres sont têtus. La Cour des comptes affirme que le coût du travail en France, compte tenu de la productivité horaire, se situe en dessous de la moyenne de celui de l’Union européenne (à 15 comme à 27), au sein de laquelle notre pays réalise 70 % de ses échanges.

Les chiffres sont têtus. La Cour des comptes affirme que le coût du travail en France, compte tenu de la productivité horaire, se situe en dessous de la moyenne de celui de l’Union européenne (à 15 comme à 27), au sein de laquelle notre pays réalise 70 % de ses échanges. Une étude du ministère américain du Travail corrobore ces résultats (source : Bureau of Labor Statistics). Selon l’Insee, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises en France a baissé de 6 points par rapport au début des années 1980, ce qui représente une économie de 100 milliards d’euros aujourd’hui pour les entreprises. À l’inverse, le coût du capital, c’est-à-dire la somme des intérêts versés et des dividendes payés aux actionnaires, a considérablement augmenté pendant la même période : le salaire moyen a doublé quand le montant des dividendes a été multiplié par 13. Les entreprises consacrent désormais plus d’argent à la rémunération des actionnaires qu’au financement des investissements productifs. Malheureusement, au détriment de leur compétitivité.

Faut-il baisser les salaires pour préserver l’emploi ?

 La baisse des salaires pour préserver l’emploi, c’est typiquement l’idée du « pacte compétitivité – emploi » défendue par le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

Cette logique est suicidaire dans un pays comme le nôtre où la consommation constitue le premier moteur de la croissance, donc de l’emploi. Il est illusoire de prétendre concurrencer sur ce terrain des pays comme la Chine, qui pratique des salaires 30 fois inférieurs aux nôtres. La pérennité de l’industrie en France ne peut reposer sur la baisse des coûts salariaux, nous avons besoin, au contraire, de salariés qualifiés et bien payés pour relever les défis de la production. D’autre part, l’expérience montre que les garanties sur l’emploi restent virtuelles, quand les sacrifices consentis par les salariés sont bien réels. Que sont devenues les promesses tenues lorsque l’entreprise a mis la clef sous la porte ? Les salariés de Continental à Compiègne en savent quelque chose : ils se sont serré la ceinture et ont été licenciés quand même !

Les Français ne travaillent-ils pas assez ?

 Que n’a-t-on entendu sur ce sujet ! Les Français qui apprécient les 35 heures seraient des paresseux, tandis que leurs homologues européens travailleraient plus longtemps qu’eux. Là encore, rien n’est plus faux !

En 2009, un salarié français travaillait en moyenne 39,4 heures par semaine, un Italien 39 heures, un Danois 37,7 heures… la moyenne de l’Union européenne à 15 et à 27 étant fixée à 40,4 heures (source : Eurostat). Le gouvernement, qui s’est appliqué à détricoter les 35 heures depuis plusieurs années, remet sur le tapis l’idée d’une suppression pure et simple de la durée légale du travail. Celle-ci ne doit pas être confondue avec la durée effective du travail, elle permet simplement le décompte des heures supplémentaires au-dessus du seuil des 35 heures hebdomadaires. Aussi la disparition de la durée légale du travail aurait-elle inéluctablement pour effet de supprimer le coût des heures supplémentaires pour l’employeur. Le slogan de Nicolas Sarkozy serait alors : « travailler plus pour gagner moins » !

Le droit du travail est-il trop rigide en France ?

 Flexibiliser le marché du travail pour réduire le chômage, l’antienne a le mérite de la simplicité. Pourtant, l’expérience montre que le contrat de travail ne fait pas l’emploi.

À preuve, les dernières mesures de flexibilité adoptée lors des négociations sur la « modernisation du marché du travail » : le CDD seniors n’a pas empêché l’explosion du chômage chez les plus de 50 ans (+ 300 000 depuis 2008) et les ruptures conventionnelles du contrat de travail (près de 30 000 chaque mois) n’ont servi qu’à masquer des préretraites déguisées et à exonérer les employeurs de leurs obligations en matière de reclassement. Le conseil d’orientation pour l’emploi (COE) affirme clairement, dans un rapport, que « la protection de l’emploi n’exerce aucun effet significatif sur le taux de chômage ». Les études comparatives publiées par l’OCDE ont mis en évidence qu’un pays doté d’une législation protectrice pouvait avoir un taux de chômage plus faible qu’un pays doté d’une législation plus souple, et inversement.

L’égalité salariale est-elle une priorité du gouvernement ?

 Selon la Dares, les femmes au travail gagnent toujours 27 % de moins que les hommes.

Entre 1972 et 2008, pas moins de six lois se sont succédé, sans qu’aucune d’entre elles ne parvienne à juguler les écarts de salaires. Une disposition issue de la loi sur la réforme des retraites en 2010 stipule que les entreprises de plus de 300 salariés n’ayant pas conclu d’accord collectif ou de plan d’action sur l’égalité professionnelle entre les sexes au 1er janvier 2012 seront redevables d’une amende équivalente à 1 % de la masse salariale. Mais le gouvernement a publié cet été en catimini un décret prévoyant que les entreprises contrôlées et prises en défaut disposeront de six mois supplémentaires pour conclure un accord collectif ou adopter un simple plan d’action unilatéral. Cerise sur le gâteau, elles pourront aussi arguer de « difficultés économiques » pour déroger à la loi ! Bye bye les sanctions, bonjour le bla bla. On s’en émeut jusque dans les rangs de la majorité. « Vu les restrictions, je serais surprise qu’une seule entreprise ait une amende », déclare ainsi la députée UMP Marie-Jo Zimmermann.

Les immigrés sont-ils un coût pour le contribuable ?

 Un credo cher au Front National et pas seulement.

Notre pays compte 2,5 millions d’immigrés actifs en 2009. Soit 8,8 % de la population active totale, une proportion constante depuis trente ans. Le nombre d’immigrés entrés en France pour des raisons économiques, la même année, était de l’ordre de 20 000, soit 0,04 % de la population totale. Cette proportion est de 0,2 % en Espagne, Italie, Royaume-Uni et de 0,1 % pour l’ensemble des pays de l’OCDE. Précisons que les immigrés sont surreprésentés dans les secteurs précaires et mal payés, qu’ils connaissent un taux de chômage deux fois plus élevé que les autres. On les accuse volontiers de « manger » l’argent du contribuable. Mais une étude réalisée en 2010 par l’université de Lille 3 pour le compte du ministère des Affaires sociales révèle que les immigrés, plus jeunes que la moyenne, reçoivent de l’État 47,9 milliards d’euros de prestations sociales, mais lui reversent 60,3 milliards sous forme de cotisations et d’impôts. Soit un solde positif de 12,4 milliards d’euros en leur faveur.

Les chômeurs sont-ils des assistés ?

 Laurent Wauquiez, l’ancien secrétaire d’État à l’emploi, pense que oui, en ajoutant que l’assistanat est le « cancer  » de notre société.

Avec 2,8 millions de demandeurs d’emploi officiellement recensés (catégorie A), le chômage est à son plus haut niveau depuis douze ans. Moins de la moitié seulement est indemnisée par le régime d’assurance chômage, moyennant une rémunération moyenne de 1 122 euros par mois. Les autres perçoivent, dans le meilleur des cas, les minima sociaux comme l’allocation spécifique de solidarité ou le revenu de solidarité active, pour des montants respectifs de 614 euros (pour une personne seule) et 467 euros, bien en deçà du seuil de pauvreté fixé à 954 euros mensuels. D’autres, enfin, n’ont droit à rien. Avec la crise, le nombre de chômeurs en fin de droits a explosé (1,5 million en 2011) et le chômage de longue durée s’est enkysté (4 demandeurs d’emploi sur 10). De quoi s’installer durablement dans la pauvreté, pas dans l’oisiveté.

Notre modèle de protection sociale est-il trop cher ?

 La Sécu est en danger ! C’est l’argument pour faire passer la pilule des sacrifices.

Du déremboursement des médicaments à la réduction des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, en passant par la taxation des mutuelles, le « reste à charge » des assurés sociaux ne cesse de croître au fil du temps. En conséquence de quoi, de plus en plus de Français renoncent à se soigner (29 % environ). Gouvernement et Medef s’apprêtent à franchir une nouvelle étape décisive en revendiquant le transfert des cotisations sociales vers l’impôt. Les dépenses sociales ne relèveraient plus de l’assurance, mais de la solidarité nationale. Le modèle de la sécu issu du Conseil national de la résistance en 1945 serait réduit à peau de chagrin et la couverture sociale de chacun dépendrait d’abord de l’épaisseur de son portefeuille. La CGT n’est pas à court de propositions pour assurer l’équilibre des comptes de notre système de protection sociale sur le long terme.

Le recul de l’âge légal du départ à la retraite est-il inéluctable ?

 Il est normal de travailler plus longtemps puisqu’on vit plus vieux, nous dit-on.

Certes, l’espérance de vie augmente et c’est tant mieux. Encore que l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité, est beaucoup plus faible que l’espérance de vie tout court. Et que les inégalités socioprofessionnelles demeurent très fortes, puisqu’un ouvrier vit sept ans de moins qu’un cadre supérieur et dix ans de moins si l’on retient le critère de vie en pleine santé. Mais pourquoi le gain d’espérance de vie devrait-il profiter à l’entreprise plutôt qu’au salarié ? La question se pose d’autant plus que les deux tiers des salariés ne sont plus en activité au moment de liquider leur retraite et que le chômage bat des records. La réponse, évidemment, est avant tout financière. Le COR a évalué les besoins de financement supplémentaires pour maintenir les droits des salariés à trois points de PIB à l’horizon 2050, rien d’impossible. Puisque la productivité du travail ne cesse de progresser, il serait légitime non pas de travailler plus, mais moins !

La France vit-elle au-dessus de ses moyens ?

 Le problème, c’est que les déficits résultent moins d’un excès de dépenses que d’un manque de recettes.

En d’autres termes, la dette, qui ne date pas d’aujourd’hui, s’est emballée avant tout sous l’effet de la crise (chute d’activité) passant de 67,5 % à 81,7 % du PIB entre 2008 et 2010. Sous l’effet aussi de la politique fiscale du gouvernement, particulièrement généreuse pour les riches et les entreprises : réduction de la TVA dans la restauration, suppression de la taxe professionnelle, baisse de l’impôt sur la fortune… Toutes ces mesures ont été financées par l’emprunt du premier au dernier euro. L’austérité risque d’autant plus d’étouffer la croissance qu’elle est pratiquée à l’échelle de l’Europe, qui entre déjà en récession. C’est, au contraire, par une politique de revalorisation du travail qu’on parviendra à relancer l’activité et la croissance, sans laquelle il est illusoire d’espérer réduire les déficits.

 


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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 18:18

Chers Camarades, Chers Amis,

Bonjour à tous, bienvenue à Paris pour ce beau meeting national de la CGT. Cela a été dit, nous sommes 6000 dans cette salle du Zénith. Il y avait beaucoup plus de volontaires tant était grande la volonté de se retrouver tous ensemble, toujours aussi déterminés et aussi combatifs. Plusieurs milliers de camarades n’ont pas pu être avec nous ici. Ils nous regardent depuis de nombreux coins de France, par internet.

En votre nom, je les salue, qu’ils soient réunis dans des cinémas, des locaux syndicaux, dans les Bourses du Travail ou sur leur lieu de travail, bienvenus en direct de ce rendez-vous de lutte. Oui, nous sommes ici dans un rendez-vous de lutte pour réaffirmer nos revendications en matière de retraite.

Notre initiative ne relève bien sûr pas du hasard.

Dans un contexte marqué par une crise sévère du système capitaliste à partir de laquelle on tente de nous imposer toujours plus d’austérité, dans un calendrier de plus en plus occupé par les échéances politiques, la CGT, avec l’ensemble de ses organisations, prend la parole. Nous en avions pris l’engagement : l’adoption fin 2010 de la loi réformant les retraites ne mettrait pas fin à notre combat.

Aujourd’hui, nous poursuivons cette bataille et, soyons clairs, pour nous l’avenir c’est le rétablissement du droit au départ à la retraite à 60 ans pour tous et la reconnaissance des métiers pénibles. Pendant 8 mois en 2010, nous avons arpenté les rues, organisé des assemblées et des grèves, occupé des entreprises. Le fronton de certaines mairies était marqué de cette revendication qui à mobilisé des millions de salariés : « non au recul de l’âge de départ à la retraite »

Nous avons argumenté, fait la démonstration de l’injustice et du parti pris présidentiel pour la cause patronale.

Pendant 8 mois, notre campagne a fait bouger les lignes. Elle a été le ciment de l’unité indispensable pour s’opposer à cette loi rétrograde. Je redis ici combien les militants de la CGT doivent être fiers de cette bataille qui a eu une résonance internationale exceptionnelle.

Malgré cette mise en mouvement spectaculaire, malgré l’opposition de 70% de la population, le président de la République a fait le choix politique de passer en force et de s’appuyer sur sa majorité parlementaire pour imposer ce recul social.

Oh, ce n’est pas le seul grief de la CGT à l’égard de l’action de Nicolas Sarkozy, loin s’en faut. Je ne vous propose pas de faire ici la liste de toutes les mesures anti-sociales du gouvernement, il faudrait pour cela allonger beaucoup trop la durée de ce meeting et certains d’entre vous rentreraient trop tard à la maison.

La CGT s’exprimera prochainement sur le bilan peu glorieux de ce quinquennat.

Ceci dit, cette réforme là, elle pèse lourd dans le bilan.

Quand on fait le choix de bouleverser les règles sur un aspect aussi essentiel du contrat social comme les droits à la retraite et qu’on le fait dans de telles conditions, il ne faut pas être surpris des conséquences qui en résultent sur la popularité de l’exécutif.

Aussi, je crois pouvoir le dire, sans trop m’avancer, vous aurez du mal, Monsieur le futur candidat, à trouver dans cette salle et chez ceux qui nous écoutent, beaucoup de supporters pour vous aider à rempiler 5 ans de plus à l’Elysée.

Je voudrais dire aussi aux députés en place que nous saurons rafraîchir la mémoire des « salariés électeurs » au moment où certains d’entre vous vont également défendre leur fauteuil en juin prochain.

La CGT sait faire la distinction dans l’attitude des partis politiques. Il y a ceux qui font preuve de compréhension, voire de soutien à nos combats syndicaux, et ceux qui les ignorent ou sont responsables de nos colères. Nous avons apprécié comme il se doit la présence et le soutien en 2010 des partis de gauche aux manifestations et aux grèves s’opposant à la remise en cause de la retraite à 60 ans.

Comment pouvait-il en être autrement ? La retraite à 60 ans était une vieille revendication syndicale. Elle a été obtenue lorsque la gauche était au pouvoir.

Avec vous, je me félicite que les partis politiques que nous avons invités pour assister à ce rassemblement aient tous répondu présent, que plusieurs candidats à l’élection présidentielle, ou leur représentant, ainsi que des parlementaires soient également avec nous aujourd’hui.

Nous y voyons un signe d’espérance pour nos revendications. Vous le savez, l’aspiration au changement de président de la République s’accompagne d’une impatience au changement de politique sur le plan économique et social.

La CGT réunit en son sein des adhérents et des sympathisants de diverses sensibilités politiques. Nous revendiquons ce pluralisme dans la première confédération syndicale du pays ; c’est ce qui nous donne la force pour rassembler et être plus forts sur les revendications qui sont le ciment de notre unité dans le syndicat.

Nous le disons en toute amitié aux partis de gauche, à leurs élus, à leurs candidats, entendez cette aspiration à rétablir la justice sociale. Ecoutez la rancœur de ceux qui produisent les richesses de ce pays et qui ont été brocardés, et parfois humiliés ces dernières années. Ayez de la force de caractère et de l’ambition pour que les choses changent réellement dans les entreprises.

Pour ce qui nous concerne, nous allons poursuivre inlassablement notre campagne et nos mobilisations sur nos revendications. Ce meeting est une étape, il y en aura d’autres.

Nous savons aussi débusquer les déclarations opportunistes et la démagogie politique telles celles de Madame Le Pen. Cette dernière dit être aujourd’hui favorable à la retraite à 60 ans alors qu’avec son parti, en 2010, elle appelait le gouvernement à recourir à la force pour mettre un terme à l’attitude des« émeutiers » qui occupaient les rues. C’est là le vrai visage du Front national. En-dehors des périodes électorales, c’est toujours le camp du capital.

Nous sommes bien conscients qu’à propos de la retraite, comme sur bien d’autres sujets, c’est affaire de rapport de force dans un environnement hostile aux revendications.

Sous les coups de boutoir du patronat et au nom de la crise dont ils ne sont pourtant en rien responsables, les travailleurs, partout en Europe, devraient sans rechigner voir laminer leurs droits à la retraite et, plus largement, un ensemble de règles qui ont parfois été conquises de haute lutte.

Dans toute l’Europe, une vaste campagne de culpabilisation se développe aujourd’hui. Les salariés s’entendent dire qu’ils coûtent trop cher alors que l’analyse objective de cette crise démontre, ô combien, qu’elle trouve son origine dans un mode de développement qui privilégie le capital au détriment du travail.

.... texte complet   Le texte du discours de Bernard Thibault Le texte du discours de Bernard Thibault

 


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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 09:13

http://farm8.staticflickr.com/7033/6760323113_dca1f7eb44_o.jpg   Déclaration de la CES sur le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire »

 

 

Adoptée par le Comité de direction de la CES le 25 janvier 2012

 

Les 8 et 9 décembre 2011, le Conseil européen a décidé de s’engager dans un accord international visant à renforcer la discipline budgétaire. Les gouvernements ont estimé que le renforcement des obligations budgétaires ferait reprendre confiance aux marchés et sauverait l’euro. La décision a été suivie par des négociations intenses et semi-secrètes afin de parvenir à un accord pour la fin du mois de janvier 2012. Le processus de négociation a ignoré le contrôle démocratique qui devrait normalement caractériser toute réforme de l’Union, notamment en n’impliquant pas pleinement le Parlement européen. La CES déplore ce processus non démocratique et ses conséquences non démocratiques au niveau national.

Les dirigeants européens ont tort de croire qu’un nouveau traité restaurera la croissance et résoudra la crise de la dette souveraine sans le renforcement de la démocratie au niveau européen – avec notamment une participation totale des partenaires sociaux aux niveaux européen et national – ni sans nouveaux engagements spécifiques sur les euro-obligations et la taxe sur les transactions financières. Les nouvelles règles en matière de gouvernance économique ne devraient pas être dissimulées derrière des questions techniques par les dirigeants européens.

La CES s’oppose à ce nouveau traité. Bien que nous soyons en faveur de règles communes et d’une gouvernance économique, nous ne pouvons soutenir ces règles. Nous sommes convaincus que les propositions du traité affaibliront l’Europe au lieu de la renforcer. Le nouveau traité réduira le soutien de la population pour l’intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage.

1) Sans investissements durables pour la croissance, les mesures d’austérité ne résoudront pas la crise de l’euro et de l’emploi, elles ne rassureront pas non plus les marchés financiers.

2) Entériner dans les constitutions ou législations nationales un respect strict des règles de déficit public ne fera qu’aggraver la crise actuelle.

3) Pour revenir à des comptes publics équilibrés, il est nécessaire d’adopter une approche à long terme comprenant des politiques fiscales justes, une taxe sur les transactions financières, une lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, une mise en commun partielle de la dette, une intervention adéquate de la Banque centrale européenne (BCE) et un contrôle rigoureux du secteur financier.

4) Le besoin de gouvernance économique est utilisé comme un moyen de restreindre les mécanismes et les résultats des négociations, d’attaquer les systèmes de relations sociales, et d’imposer une pression à la baisse sur les niveaux de salaires négociés par convention collective ; d’affaiblir la protection sociale et le droit de grève, et de privatiser les services publics. La CES résiste activement à ces attaques qui, les unes après les autres, risquent de démanteler un modèle social unique au monde. Les initiatives allemandes telles que l’Agenda 2010 et l’augmentation de l’âge de la retraite, qui se sont avérées mauvaises et dommageables au niveau social, ne devraient pas être imposées aux autres pays européens.

5) Afin de faire de l’intégration européenne une réussite, elle doit être un projet positif qui apporte un progrès social et des emplois plus nombreux et meilleurs. C’est pourquoi la CES réitère sa demande pour qu’un Protocole social soit intégré aux traités européens.

Le nouveau traité ne fait que stipuler la même chose : l’austérité et la discipline budgétaire. Il obligera les États membres à mener des politiques fiscales procycliques préjudiciables, qui donnent la priorité absolue aux règles économiques rigides à une époque où la plupart des économies sont toujours faibles et où le taux de chômage atteint des niveaux intolérablement élevés. Cela engendrera une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, un contrôle et des sanctions. Les gouvernements qui ne parviennent pas à se conformer au pacte budgétaire seront traduits devant la Cour de justice européenne, qui pourra imposer des sanctions.

Le nouveau traité ne répondra pas au problème clé de la zone euro : en dehors de la BCE, il n’existe aucune institution qui dispose de suffisamment de liquidités pour arrêter une obligation dirigée sur des membres individuels de la zone euro, avec une obligation qui déborde et contamine le reste de la zone. Contrairement aux banques, les gouvernements de la zone euro ne disposent pas de « prêteur de dernier ressort » pour mettre fin au comportement grégaire irrationnel, mais auto-réalisateur du secteur financier.

En outre, la mise en œuvre pratique de ce nouveau traité pose plusieurs problèmes. La façon dont le déficit « structurel » sera défini n’est pas claire. Il en va de même pour le taux d’intérêt et le taux de croissance potentiel qui seront utilisés pour calculer la viabilité budgétaire à moyen terme.

L’Europe a besoin d’une union économique différente avec une forte dimension sociale basée sur les principes suivants :

- Un mandat plus clair pour la BCE. L’objectif de la BCE devrait être de promouvoir la stabilité des prix, le plein emploi et la convergence des conditions financières des États membres. La BCE ne devrait pas seulement avoir la possibilité, mais aussi l’obligation d’agir comme un « prêteur et acheteur de dernier ressort » pour la dette souveraine. 
- Une mise en commun partielle de la dette au travers des euro-obligations. 
- Une clause de sauvegarde salariale qui impose le respect total de l’autonomie des partenaires sociaux pour négocier collectivement et éviter que le pacte social s’immisce dans le domaine des salaires, des systèmes de négociation collective, d’action et d’organisation collective. Les salaires ne représentent pas un frein à l’économie, mais en sont le moteur. 
- Des dispositions pour protéger la croissance : l’exclusion des investissements publics qui soutiennent la croissance de la « règle d’équilibre budgétaire », la sauvegarde du secteur des recettes publiques en s’engageant pour lutter contre la concurrence, la fraude et l’évasion fiscales, un rôle structurel pour le dialogue social européen pour éviter une mise en œuvre aveugle des règles économiques rigides qui nuiraient à l’économie. 
- Un Protocole de progrès social doit être joint aux traités européens pour garantir le respect des droits sociaux fondamentaux.

Journée d'action européenne le 29 février 

http://farm8.staticflickr.com/7144/6760322749_cc30ef4215_z.jpg


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