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TOUTES ET TOUS EN GREVE LE 23 MARS 2010
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Manifestation 10 h 30 Vieux Port
Pré rassemblement St Charles 10 h


Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 15:11
http://4.bp.blogspot.com/_yE1SiW0flhE/SYI29uFZDMI/AAAAAAAABBI/LDCBDSAVgNU/s400/pr%C3%A9carit%C3%A9.bmpComme le montre très bien le rapport présenté ce jour,[ndlr 8 février]  la précarité explose aujourd’hui dans l’enseignement supérieur et de la recherche.

Dans notre secteur, l’augmentation récente des CDD est liée d’abord à La création de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et aux dispositifs instaurés par loi dite « pacte pour la recherche ». Chaque contrat financé par l’ANR comprend le plus souvent deux ou 3 CDD (post doc, technicien ou administratif). Et compte tenu des critères de sélection des contrats par l’ANR, les laboratoires ne peuvent pas espérer obtenir de financements sans demander de CDD. C’est un mécanisme pervers qui amène des salariés, notamment des chercheurs et des enseignants-chercheurs, à être à l’origine de la création de CDD, donc de générer de la précarité.

C’est ensuite la loi Liberté et Responsabilité des Universités (LRU) qui transforme les présidents d’universités en manager gérant une masse salariale importante. Pour atteindre leurs objectifs en matière d’enseignement et de recherche avec les moyens qu’ils peuvent se procurer, ils choisissent souvent de recourir à des CDD ou à la sous-traitance.

La précarité existe depuis longtemps dans notre secteur. C’est un mécanisme d’assujettissement des salariés qui favorise le pilotage de leurs travaux ainsi que les restructurations de laboratoires. Ce mécanisme est utilisé depuis des décennies dans notre secteur. Il y a eu des luttes à toutes les époques contre la précarité et certaines ont débouché sur des succès. On peut citer le plan d’intégration de centaines de personnels de la recherche qui a été arraché dans milieu des années 70 au gouvernement Giscard d’Estaing. Plus récemment, ou dans nos établissements : au CNDP des licenciements de PTO (postes soi-disant assimilés fonctionnaires) ont été évité, ou dans nos universités des postes de CDD ont été transformés en CDI…

Aujourd’hui, la précarité n’explose pas seulement dans la recherche et l’enseignement supérieur mais dans toute la Fonction Publique. En fait, tous les secteurs d’activité sont minés par la précarité. Le nombre de personnes touchées est énorme. Un chiffre illustre bien la situation. Il y aura en 2010, un million de chômeurs en fin de droits. La CGT ne peut admettre cette précarité. Elle l’a combattra partout et toujours.

Dans la recherche et l’enseignement supérieur, les syndicats CGT exigent des créations massives d’emplois pour un plan de titularisation de toutes les catégories de précaires. Les moyens financiers existent. Déjà, les crédits de l’ANR utilisés pour payer des milliers de CDD pourraient servir à la création de postes statutaires. Cette revendication de création de postes statutaires n’a rien de démagogique puisque les besoins de recherche et de formation ne sont pas près de diminuer.

La lutte contre la précarité ne peut se limiter à l’exigence de postes dans la Fonction Publique. C’est aussi la responsabilité des entreprises de donner des débouchés aux jeunes issus de la formation dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

Les syndicats CGT se doivent de faire respecter les droits souvent bafoués des salariés précaires. C’est notamment le cas pour l’accès à la formation, à la reconnaissance de la qualification. Nous devons dans tous les cas avoir une démarche extrêmement ferme.

En plus, l’enquête, dont les résultats nous ont été présentés aujourd’hui, met en évidence le manque de reconnaissance de notre milieu professionnel pour les précaires. Nos syndicats CGT auront à coeur de travailler à changer cette situation.

Pour finir cette intervention, nous dirons que les syndicats ne doivent pas s’en tenir au constat de la gravité de la précarité dans notre milieu. Ils se doivent de prendre des initiatives d’action régionales et nationales en direction du gouvernement. Peut-être faut-il déjà avancer une date pour un premier temps fort de mobilisation des précaires et des titulaires contre la précarité.

Déclaration commune des syndicats SNTRS, FERC-Sup et INRA CGT
lors de la présentation publique du rapport de l'enquête intersyndicale sur la précarité le lundi 8 février 2010

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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 01:44

Une intersyndicale de l’enseignement supérieur a rendu son rapport sur la précarité à Valérie Pécresse.

Valérie Pécresse.

Valérie Pécresse.

Photo : C.Cousin/Metro


Un dossier très gênant est arrivé mardi en début d’après-midi sur le bureau de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Ce dossier, qui lui a été remis par une intersyndicale regroupant 19 organisations, est le résultat d’une vaste enquête sur la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche publics (ESRP), réalisée entre octobre et janvier. Et les chiffres, recueillis grâce à un questionnaire détaillé auquel ont répondu 4 409 personnes précaires, sont tout simplement édifiants.


20% de précaires
Il y aurait entre 45 000 à 50 000 précaires dans l’ESRP, soit environ 20 % des effectifs, qu’ils soient chargés de cours vacataires ou contractuels, doctorants, docteurs sans poste ou personnels non enseignants (dits Ita et Biatoss). La précarité est plus forte pour les femmes, dans les universités et dans les sciences humaines et sociales.


Les explications à cette situation sont nombreuses : le nombre de titulaires diminue (-1.5% entre 2006 et 2008 au CNRS) quand celui des non-permanents augmente (+17.2% au CNRS pendant la même période) ; la rémunération est basse et irrégulière, sans lien avec les diplômes et l’expérience (les non enseignants qui ont répondu au questionnaire on gagné moins de 1 250 euros par mois l’an dernier) ; les non-titulaires n'ont pas de prime de précarité à la rupture d'un contrat, contrairement aux CDD du privé, etc.


Système D, à la limite de la légalité
Dans la pratique, les enseignants non-titulaires sont même obligés de filouter, comme l’explique Emmanuel Saint James, maitre de conférence à Paris 6, qui a été reçu mardi par des membres du cabinet de Valérie Pécresse : "Normalement, on ne devrait faire des vacations qu’en supplément d’un travail officiel. Alors, les enseignants-chercheurs sont obligés de demander à un de leur collègue qui a un vrai emploi qu’il leur serve de prête nom. Les vacations apparaissent comme heures sup sur la fiche de paie de ce dernier, qui reverse le montant à l’enseignant vacataire ! Désormais, la plupart des enseignements de première année sont faites par des vacataires…"


Un gouvernement qui sous-estime la situation...
Emmanuel Saint James, au sortir de sa réunion au ministère, a la "nette impression que ces cas de précarité là ne sont pas pris en compte par le gouvernement"… qui évalue, lui, le nombre de précaires à 37 000. "C’est infiniment plus que ce qu’il avait toujours consenti à reconnaître jusque là", peut-on lire sur le site de Sauvons la recherche.


... et qui fait sa contre-étude
Le gouvernement a annoncé à la délégation venue lui remettre le rapport être lui aussi en train de faire une étude sur la précarité. "Quand nous avons exigé une réponse politique à notre situation dans les trente jours, donc avant les régionales, le ministère nous a répondu que les résultats de leur enquête ne seraient connus que courant avril. Or, les situations de précarité sont trop difficiles à vivre pour qu’on tergiverse à ce sujet !", réagit Emmanuel Saint James.


L’intersyndicale demande un plan pluriannuel dans l’ESRP et s’apprête déjà à mener une nouvelle bataille : celle pour le gel des postes (obtenu dans la douleur l’an dernier) au-delà de 2011.

Source : Metro


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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 00:22

http://fabrice.lefessant.net/non-a-la-PES.pngLa prime d’excellence scientifique est attribuée à certains chercheurs. De plus en plus d’entre eux la refusent pour protester contre une logique individualiste et compétitive.

En octobre dernier, Didier Chatenay, physicien et directeur de recherche au CNRS, était le premier à dire non. Non à la prime d’excellence scientifique (PES). Cette prime, allant de 3 500 euros à 25 000 euros par an, est versée aux enseignants-chercheurs « dont l’activité scientifique est jugée d’un niveau élevé », dixit le ministère de l’Enseignement supérieur, soit 20 % de chercheurs. En décembre dernier, un deuxième chercheur, François Bonhomme, médaillé d’argent en 1996, reçoit une lettre l’informant qu’il fait partie des bénéficiaires de la prime de 15 000 euros par an, étalée sur quatre ans. Bien que flatté par une telle gratification, François Bonhomme refuse et demande qu’elle soit versée à la Fondation de France qui poursuit, selon lui, des objectifs plus acceptables que ceux qui sous-tendent les actuelles réformes du système français de la recherche.


« Je ne suis pas du tout partisan de la politique de différenciation salariale qui est en train de se mettre en place dans la recherche publique française », explique-t-il dans une lettre au directeur général du CNRS. Il refuse, en somme, le principe d’une prime individuelle au mérite, qui induit « une mise systématique en concurrence soutenue des individus pour l’accès aux ressources […], porteuse d’abus, de déconvenues et d’effets pervers ».


Valérie Pécresse aimerait pourtant bien imposer des mesures de management aux universités. Persuadée que la mise en concurrence rend plus performant. Mais si les chercheurs sont à l’université, c’est précisément parce qu’elle n’est pas une entreprise. Depuis l’automne dernier, des motions sont votées et une pétition intersyndicale circule contre la PES. Perçue avant tout comme « un nouvel élément qui fragilise les statuts », la prime ne prend pas en compte le fait que « la recherche est un travail d’équipe. Cette démarche risque surtout de casser le dynamisme et la solidarité des collectifs de travail ».


Par ailleurs, les jeunes chercheurs, plus souvent contractuels que titulaires, auraient davantage besoin d’un soutien financier. Ce que souligne François Bonhomme, lorsqu’il suggère d’utiliser de telles sommes « à améliorer les promotions et les recrutements ».


D’autres chercheurs emboîtent le pas à leurs collègues. Ainsi, Laurent Mucchielli, médaille de bronze en sociologie en 2006, Claire Lemercier, médaille de bronze en histoire en 2008, et Karine Costuas, médaille de bronze en chimie en 2009, ont fait la même démarche. Un refus qui pourrait bien faire tache d’huile.


Ixchel Delaporte

 

Source : L'Humanité

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