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Marseille, "Travailler tue en toute impunité"

Meeting unitaire - 29 janvier 2010

18h30 au CRDP boulevard d’Athenes à Marseille

L’organisation internationale du travail donne le chiffre de, 6 000 décès par jour imputables à des accidents ou des maladies du travail dans le monde : deux décès par jour en France. Pour sortir ce drame de la banalisation et de l’indifférence, nous avons besoins de réhabiliter la conflictualité et le rapport de force collectif pour la défense des conditions du travail et du contenu du travail. Cela appelle un débat sur le monde du travail que l’on entend défendre et qui interpelle le politique et l’économique.



Signer l’appel : http://www.fondation-copernic.org/p...

Nous le disons avec force, il est indispensable de réagir face à ces atteintes aux droits de l’homme que sont :

  • la mort au travail (accidents, suicides) et la souffrance des familles des victimes, à qui vont être infligées un long parcours judiciaire pour voir reconnaître la dignité de leurs proches.
  • les épreuves que doivent subir les handicapés du travail délaissés, par la puissance publique, et qui passerons le reste de leur vie dans la précarité économique.
  • les salariés victimes de l’amiante, de cancers, de TMS, autant d’atteintes à la dignité humaine qui sont insupportables.

Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 22:00

"La réforme des retraites pourrait être l'occasion de mouvements sociaux d'ampleur"

"La réforme des retraites pourrait être l'occasion de mouvements sociaux d'ampleur"
© REA

Dans une interview à Capital.fr, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT estime que la réforme des retraites pourrait engendrer des mouvements sociaux d'ampleur. Le leader de la CGT réfute les chiffres "farfelus" avancés par François Fillon sur le montant des déficits des régimes de retraite et regrette que le Premier ministre noircisse le tableau pour faire passer des réformes drastiques. Sur le million de chômeurs arrivant en fin de droit cette année, Bernard Thibault craint que le gouvernement ne fasse pas le moindre geste et il prévient : "le gouvernement est en train de préparer un plan d'extrême rigueur, qu'il mettra en œuvre après les élections régionales". Il en appelle donc à l'unité syndicale et tacle au passage Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO.

 

Capital.fr : Grèves à la SNCF et à la raffinerie de Total à Dunkerque, séquestration de cadres chez Pier Import… le climat social est-il à nouveau en train de se dégrader ?
Bernard Thibault : Le climat social reste très lourd. Même si les conflits sociaux ne font pas la une du 20 heures, le mécontentement des Français n'a pas diminué. Les choix économiques du gouvernement sont très mal perçus par la population et les décisions en préparation risquent d'entraîner très rapidement une forte période de turbulences. La réforme des retraites pourrait ainsi être l'occasion de mouvements sociaux d'ampleur. Les salariés ont le sentiment d'être victimes d'une crise dont ils ne sont pas responsables et le gouvernement va maintenant leur présenter l'addition au niveau des retraites.


Capital.fr : Pourtant la conjoncture économique tend à s'améliorer. Le gouvernement a récemment relevé ses objectifs de croissance…
Bernard Thibault : Je suis particulièrement surpris de l'optimisme de Nicolas Sarkozy lorsqu'il décrète la baisse à venir du chômage, alors que les pronostics, au sein même des cabinets ministériels anticipent la destruction de 300.000 emplois supplémentaires en 2010. Ce n'est rien de plus que de la communication politique. Mais le gouvernement se décrédibilise en annonçant des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité vécue par les Français. Non, le chômage ne baisse pas en France. Il est très facile de manipuler les statistiques. Un exemple : aujourd'hui 200.000 Français sont en contrat de transition professionnelle. Ils sont donc sortis des chiffres du chômage, mais n'ont pas d'emploi, pour autant.


Capital.fr : Un million de chômeurs arrivent en fin de droit cette année. Xavier Darcos a estimé que c'est à l'Unédic de régler le problème. Que préconisez-vous ?
Bernard Thibault : Cette situation résulte à la fois de la crise mais aussi de l'application de la convention Unédic, signée l'an dernier par un seul syndicat - la CFDT - et avalisée par le gouvernement. Ce dernier ne peut donc pas se dédouaner. Mais à entendre les ministres marteler tous les jours qu'il faut réduire les dépenses publiques, je crains que le gouvernement ne fasse pas le moindre geste pour ce million de Français. Ce sera donc un des grands sujets dont nous débattrons le 15 février, lors de la réunion entre Nicolas Sarkozy et les partenaires sociaux.

 

Capital.fr : La réforme des retraites sera aussi un des sujets phares le 15 février…
Bernard Thibault : Nous souhaitons avoir des précisions sur l'agenda et la démarche que compte suivre le gouvernement. Je crains en effet qu'il tente de passer en force et réédite « l'exploit » des dernières réformes des retraites : en 1993 et 2003 les textes avaient été votés en plein été!

 

Capital.fr : De plus en plus de responsables estiment indispensable de repousser l'âge légal du départ en retraite. La position de la CGT, qui s'y oppose, est-elle tenable?
Bernard Thibault : La CGT s'oppose et s'opposera à toute remise en cause du droit accordant le départ à la retraite à 60 ans. Je réfute les arguments mis en avant par certains dirigeants politiques. Non, l'allongement de la durée de vie n'impose pas forcément un allongement de la durée au travail. Surtout dans un contexte où le travail est rare. Comment voulez-vous mener sérieusement une réforme des retraites efficace alors que le taux de chômage des seniors est en France l'un des plus élevé d'Europe et que les jeunes ont du mal à entrer sur le marché du travail ?


Capital.fr : N'y a-t-il pas urgence à agir ? François Fillon estime qu'il manquera 100 milliards par an à l'horizon de 2050 pour financer le système des retraites…
Bernard Thibault : Les projections financières de François Fillon sur les retraites sont farfelues. Elles n'émanent d'aucune donnée officielle. Le seul objectif du Premier ministre est de noircir le tableau à outrance pour faire passer des réformes drastiques. Comment aujourd'hui le gouvernement peut-il chiffrer le coût des retraites en 2050, tandis qu'il peine à évaluer la croissance ou le taux de chômage pour 2010 ? Ce n'est pas raisonnable.


Capital.fr : François Fillon a récemment déclaré qu'il faudrait aussi revoir le mode de calcul des pensions dans la fonction publique…
Bernard Thibault : Le Premier ministre use de vieilles ficelles, qui visent à opposer les catégories de salariés en surfant sur de fausses évidences. Les Français doivent savoir que les revenus entrant dans le calcul des pensions ne sont pas effectués sur les mêmes bases dans la fonction publique et dans le privé. Il serait aberrant de laisser croire qu’en touchant aux droits dans le secteur public, cela résoudrait le problème de l’avenir des retraites dans le privé. Les fonctionnaires ne sont pas des privilégiés, contrairement à ce qu'essaie de nous faire croire le gouvernement.


Capital.fr : Que propose la CGT pour rétablir l'équilibre des régimes des retraites ?
Bernard Thibault : Aujourd'hui nous consacrons l'équivalent de 12% du PIB aux retraites, il n'est pas aberrant que ce taux augmente encore. Nous souhaitons aussi trouver des ressources supplémentaires en élargissant l'assiette des cotisations et donc en taxant des revenus comme l'épargne salariale par exemple. Il faut aussi aborder le sujet de la pénibilité au travail et faire supporter le coût des départs anticipés aux seules entreprises. Je regrette que le gouvernent ne prenne pas ce sujet à bras le corps. Depuis 2005 les négociations sont dans l'impasse. Or on oublie souvent que l'espérance de vie peut varier de 7 années selon le métier exercé.

 

Capital.fr : Le conseil d'orientation des retraites rendra son rapport en avril… Faut-il y voir le report de mauvaises nouvelles après les élections régionales ?
Bernard Thibault : Tout à fait et d'ailleurs lors de la conférence sur les déficits, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'une série de mesures destinées à réduire les dépenses publiques seraient dévoilées début avril. Le gouvernement est en train de préparer un plan d'extrême rigueur, qu'il mettra en œuvre après les élections régionales. C'est pourquoi les syndicats doivent se concerter et faire preuve d'initiatives.

 

Capital.fr : FO ne participera pas à l'intersyndicale que la CGT tente de réactiver. L'unité s'annonce difficile…
Bernard Thibault : FO cherche à compenser par le verbe son absence sur le terrain. Je regrette cette décision car les salariés aspirent dans le contexte actuel à une unité des syndicats et non à une guéguerre stérile. FO est dans une stratégie solitaire qui ne peut que faire le jeu du gouvernement.


Propos recueillis par Frédéric Cazenave




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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 21:34

http://1.bp.blogspot.com/_FaF0pWfu6Xk/SEUUJVtE-mI/AAAAAAAAAVk/OZZQ7jYewT8/s200/Logo+UGFF.jpgDécret sur la réorientation professionnelle

dans la Fonction publique

 

 

D

ans un communiqué en date du 3 février, Eric WOERTH ne tente même pas de défendre l’indéfendable ; il tire un rideau de fumée sur la réalité du décret relatif à la réorientation professionnelle dans la Fonction publique de l’Etat qui doit être examiné au Conseil Supérieur de la Fonction publique du 11 février prochain.

 

En effet la nouveauté considérable introduite par la loi du 3 août 2009, ce n’est pas, contrairement à ce que tente de faire croire le Ministre, qu’un fonctionnaire de l’Etat mis en disponibilité et qui refuse trois emplois puisse être licencié. Cette disposition figure déjà, avec des conditions encadrées à l’article 51 de la loi 84-16 qui constitue le Titre II du statut des fonctionnaires.

 

Ce qui est nouveau, c’est que l’administration puisse placée un agent en disponibilité d’office, c’est-à-dire sans autant traitement, au motif que « son emploi a vocation à être supprimé dans le cadre de réorganisation ou d’évolution de l’activité du service dans lequel il est affecté ».

Jusqu’à aujourd’hui la disponibilité était une position volontaire qui n’intervenait qu’à la demande de l’intéressé, la mise en disponibilité d’office ne pouvant intervenir qu’à l’expiration de congés, de longue maladie ou de longue durée (article 51 de la loi 84-16) après avis du comité médical et de la commission paritaire.

 

C’est donc avec une parfaite mauvaise foi qu’Eric WOERTH affirme que le projet de décret soumis au Conseil Supérieur du 11 février prochain ne vise pas à licencier des fonctionnaires.

 

Au contraire, l’article 12 du Titre I du statut général des fonctionnaires disposent qu’« en cas de suppression d’emploi, le fonctionnaire est affecté dans les conditions prévues par les dispositions régissant la Fonction publique auquel il appartient ». Pour la Fonction publique de l’Etat il n’existait pas, avant la loi du 3 août 2009, de textes de portées transversales et dans les cas de restructuration d’administration, des dispositions particulières assuraient les réaffectations des agents concernés, au besoin en surnombre.

 

L’article 7 de la loi dite de « mobilité » et son décret d’application ouvrent bien de façon nouvelle la possibilité de licencier des fonctionnaires pour motif économique.

 

Cette disposition particulière doit, en outre, être replacée dans le cadre de la politique gouvernementale concernant la Fonction publique. Pour l’Etat, 100.000 emplois ont été supprimés depuis 2007 et plus de 100.000 suppressions nouvelles sont annoncées d’ici 2012. Dans le même temps, la loi dite de « mobilité » a généralisé les cas de recours à l’emploi précaire et introduit la possibilité d’utiliser des intérimaires pour accomplir des missions jusqu’ici remplies par des agents publics.

 

L’UGFF, dans l’unité la plus large entend combattre ces projets rétrogrades qui portent atteinte aux principes fondamentaux de la Fonction publique.

Le statut est aussi et surtout garant de la neutralité des agents publics et de l’égalité de traitement de tous les citoyens. Il constitue un bien commun à toute la population.

Montreuil, le 3 février 2010


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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 22:26

Le gouvernement envisage qu'une partie de la retraite des fonctionnaires soit calculée sur une période de référence plus longue que les six derniers mois de traitement. Les syndicats craignent une baisse programmée des pensions et en font un casus belli. FO promet de longs conflits et la CGT indique qu'une telle réforme n'est « pas négociable ».

Le bras de fer sur la réforme de la retraite des fonctionnaires est lancé. Dès hier, les syndicats ont vivement réagi à l'annonce, samedi par François Fillon, que le gouvernement comptait « évidemment » mettre sur la table le mode de calcul de la retraite, basé sur les six derniers mois de traitement, des quelque 2,5 millions d'agents de l'Etat. « C'est le déclenchement des hostilités », s'insurge FO, qui comme la CGT, la CFTC, la FSU et Solidaires y voient une « remise en cause du statut » du fonctionnaire. Ce mode de calcul se veut une conséquence directe des déroulements de carrière très linéaires des fonctionnaires et il compense le fait que leurs primes et indemnités (d'un poids très variable selon les ministères et les grades) ne sont presque pas comptabilisées pour leur retraite. Dès lors, « toucher aux six mois, c'est aboutir à une baisse importante du montant des pensions », dénonce l'Unsa, qui juge cette option « irresponsable », d'autant que les fonctionnaires n'ont pas de régime de retraite complémentaire obligatoire.

 

Dès la semaine prochaine, tous les syndicats se réuniront pour confronter leurs vues. La CGC et la CFDT, dont les confédérations sont ouvertes à une éventuelle refonte du mode de calcul, risquent de s'y sentir un peu seules... Pour les autres, la question d'une large mobilisation sera déjà sur la table. « On va mettre toutes nos forces dans la bataille avec s'il le faut des grèves de plusieurs jours », prévient FO. « On sera vent debout. Les six mois ne sont pas négociables », abonde la CGT.

 

Auront-ils les moyens de leurs ambitions ? Le climat social est déjà très dégradé par la baisse des effectifs, le lancement de la mobilité forcée et la rigueur salariale. Mais les mouvements ne prennent pas et les syndicats s'inquiètent du « découragement » des troupes (notamment des enseignants). Le gouvernement mise dessus, tandis que les centrales espèrent que le dossier produira un électrochoc.

 

 http://www.lesechos.fr/medias/2010/0202//020343751509_web.jpg


Un système à deux niveaux


L'exécutif se veut en tout cas fermement décidé à resserrer la vis. Entre 1990 et 2007, la part du budget de l'Etat consacrée à la retraite des fonctionnaires a augmenté de plus de 50 %, passant de 9,3 % des dépenses totales à 14,3 %. C'est désormais le principal facteur de dérive des dépenses et une part importante des 100 milliards d'euros de besoin de financement attendus pour les retraites en 2050, ce qui explique que le gouvernement s'y attaque.

 

Selon nos informations, il envisage à ce stade d'instaurer un système à deux niveaux : une partie des pensions resterait calculée sur les six derniers mois de salaire et une seconde s'appuierait sur une période de référence plus longue. Cela rétablirait en partie l'équité avec le régime du privé, où sont prises en compte les 25 meilleures années de salaire. Au passage, cette réforme aurait l'avantage de limiter la portée d'une pratique courante dans le public, celle du « coup de chapeau » : l'employeur accorde une forte augmentation aux agents peu avant leur retraite afin de favoriser le calcul de leur pension. Résultat : l'agent ne cotise beaucoup qu'en toute fin de parcours.

 

Le gouvernement réfléchit aussi aux contreparties afin de ne pas entraîner automatiquement une baisse des pensions. L'impact serait tout d'abord minimisé, argue l'exécutif, par la mise en place de carrières plus dynamiques dans le cadre de la réforme de l'Etat. En outre, dans l'espoir de limiter la grogne, François Fillon et Xavier Darcos, le ministre du Travail, ont insisté ce week-end sur la nécessité de mieux intégrer les primes au calcul de la retraite. Depuis 2005, la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) permet aux agents de cotiser sur une partie de leurs primes, mais de façon très limitée et pour un rendement encore faible. Le gouvernement pourrait dès lors intégrer une partie des primes dans le calcul de la retraite de base. Ou « doper » la RAPF.

 

Un ratio démographique inquiétant.

En 2006, le régime de retraite des fonctionnaires civils et militaires de l'Etat comptait 1,4 cotisant pour 1 retraité mais ce ratio tend à se dégrader rapidement. Selon les prévisions du Conseil d'orientation des retraites (COR), il devrait tomber à 0,9 en 2015, 0,8 en 2020 puis 0,7 sur la période 2030-2050. Ces taux sont inférieurs à ceux anticipés dans le secteur privé (1,8 aujourd'hui, 1,5 en 2020, 1,3 en 2030) et dans les deux autres versants de la fonction publique (hôpitaux et collectivités locales), qui disposent de leurs propres régimes de retraite.

 

 

VINCENT COLLEN ET DEREK PERROTTE

 

Source : Les Echos



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